La start-up Hebbia lève 130 millions de dollars pour son agent IA dédié à la finance

Les applications de l'IA se multiplient. La start-up Hebbia diffuse sa technologie dans les secteurs de la finance et du droit, offrant aux utilisateurs un gain de temps considérable dans la quête d'informations clés au milieu de milliers de documents. Les fonds levés serviront principalement au recrutement de profils variés, notamment en ingénierie, opérations et ventes.

Hebbia plateforme
Aperçu de la plateforme développée par Hebbia.

"Hebbia construit la couche humaine – la couche produit – pour l’IA". A peine orgueilleuse, la start-up s'est lancée durant la crise du Covid-19 avec pour ambition d'aider à la recherche d'informations clés dans les milliers de documents que traitent les employés d'entreprises évoluant dans la finance, le droit ou encore au sein du Fortune 500. Aujourd'hui, elle boucle une levée de fonds en série B de 130 millions de dollars auprès d'Andreessen Horowitz, Index Ventures, Google Ventures et Peter Thiel pour tenir cette promesse.

Basée sur la côte Est à New York, la start-up  voit sa valorisation post-financement s'envoler aux alentours de 700 millions de dollars. La start-up peut se féliciter d'avoir parcouru du chemin au cours des 18 derniers mois. "Nous avons multiplié par 15 nos revenus, quintuplé nos effectifs, généré plus de 2% du volume quotidien d'OpenAI", écrit George Sivulka, qui a co-créé la société aux côtés de Lukas Schmit et Tim Lupo. 

Eliminer les tâches répétitives et sans valeur ajoutée du quotidien

L'idée est née – selon la légende – alors que George Sivulka planchait sur son doctorat en génie électrique à Stanford. L'idée lui est venue en entendant ses amis travailler dans la finance expliquer qu'une grande partie de leur travail consistait à chercher des informations dans les documents de la SEC (Securities and Exchange Commission) notamment. George Sivulka estimait alors que l'intelligence artificielle pouvait les aider à gagner en rapidité sur ces tâches fastidieuses.

"Nous pensons que l’IA devrait être plus qu’un chatbot transactionnel : elle devrait être capable de fonctionner comme un humain", explique le co-fondateur. Conçu pour les employés de bureau, Hebbia permet de demander aux agents d'IA d'effectuer des tâches quotidiennes, incluant la recherche d'informations précises dans plusieurs milliers de documents, la synthèse de documents, l'exécution de workflows, l'automatisation de la création de contenus ou encore l'évaluation de transactions simultanées plus rapidement. Son produit principal, Matrix, consiste en un service de création d'agents d'IA qui effectuent des tâches de bout en bout, au lieu de simplement discuter.

Il ingère des données structurées et non structurées dans plusieurs fichiers et formats, récupère des informations et fournit des réponses avec des citations, le tout dans un format familier de type feuille de calcul. En plus de résumer chaque requête, Matrix montre l'approvisionnement et les étapes individuelles nécessaires pour parvenir à ses conclusions, dans un souci de transparence.

Un portefeuille client prestigieux incluant des noms du Fortune 100 et l'US Air Force

La jeune pousse compte American Industrial Partners, Charlesbank, Fisher Phillips, OAK Hill Advisors, Okapi Partners ou encore l'US Air Force parmi ses clients pour un peu plus de 1000 cas d'usage en production. Prenant l'exemple de la crise de la SVB, George Sivulka explique que les gestionnaires d'actifs se sont appuyés sur Hebbia notamment pour cartographier l'exposition aux banques régionales à travers des millions de documents.

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