Alors que DeepSeek, nouveau rival chinois de ChatGPT suscite l’engouement des utilisateurs aux Etats-Unis, les autorités du pays ont peur que cette technologie constitue une menace pour leur sécurité nationale.
S’adressant hier à des journalistes, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré que "le Conseil national de sécurité allait examiner les implications potentielles du lancement de DeepSeek sur la sécurité nationale", soulignant que le gouvernement cherche à "assurer la domination américaine en matière d’intelligence artificielle".
Soupçons de tricherie
Après son lancement lundi dernier aux Etats-Unis, DeepSeek est devenu l’application gratuite la plus téléchargée sur l’App Store Apple, Outre-Atlantique. L’apparition soudaine de cet outil d'IA générative open source à faible coût et capable de rivaliser avec les principales applications d'intelligence artificielle telles que ChatGPT d'OpenAI a secoué Wall Street. Les actions de Nvidia, dont les GPU sont au cœur du développement de l'IA générative, ont chuté de 17% en une journée, réduisant sa valeur boursière d'environ 600 milliards de dollars.
S’exprimant devant des élus républicains en Floride au moment où la tempête DeepSeek s’est abattue sur Wall Street, le président Donald Trump a qualifié la percée fulgurante de l’IA chinoise de "signal d’alarme pour l’industrie technologique américaine". De son côté, le patron d’OpenAI, Sam Altman qui s’est dit d’abord "impressionné" par DeepSeek semble maintenant douter des capacités de la start up sur laquelle planent des soupçons de tricherie.
Un de ses collaborateurs, interrogé hier par Bloomberg a affirmé sans nommer le chatbot chinois que "des entreprises basées en Chine et d'autres tentaient constamment de reproduire les modèles des principales entreprises américaines d'IA". Rappelons qu'OpenAI (comme Anthropic et les autres) entraîne ses propres modèles sur des données récupérées sans consentement, violant allègrement la propriété intellectuelle au passage. Difficile dans ces conditions de sérieusement se plaindre qu'une autre entreprise s'appuie sur ses propres travaux.
Menace sur les données
David Sacks, le tsar de l'IA et de la cryptographie dans l’administration Trump, a déclaré plus tôt dans la meme journée à Fox News qu'il était "possible" que DeepSeek ait "distillé des modèles d’OpenAI". De son côté, John Moolenaar, élu républicain du Michigan à la Chambre des représentants, demande la mise en place de contrôles d’exportation plus stricts sur les technologies essentielles à l’infrastructure d’IA de DeepSeek.
"Les États-Unis ne peuvent pas permettre aux modèles du Parti communiste chinois tels que DeepSeek de mettre en danger notre sécurité nationale et d’utiliser notre technologie pour faire avancer leurs ambitions en matière d’IA", a-t-il affirmé dans un communiqué partagé par les réseaux sociaux.
Selon des experts américains, l’application chinoise représente aussi une menace sur les données. "De plus en plus de gens l'utiliseront, et cela ouvrira la porte à de plus en plus de données personnelles qui seront simplement transmises au Parti communiste chinois et envoyées essentiellement en Chine continentale pour pouvoir les informer de leurs activités", a notamment alerté Ross Burley, cofondateur de l’ONG Centre for Information Resilience, dans une interview à CBS news.


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