Les Etats-Unis arrosent le fondeur TSMC de milliards de subventions

Alors que le fondeur taïwanais n'a de cesse d'augmenter ses investissements sur le sol américain et plus particulièrement sur son site d'Arizona, les Etats-Unis viennent de lui accorder une subvention grimpant jusqu'à 6,6 milliards de dollars. Une aide issue du CHIPS and Science Act visant à répondre à la demande croissante en semi-conducteurs.

TSMC site Phoenix, Arizona - usine semi-conducteurs
Prêt à construire une troisième usine, TSMC indique que la première est en bonne voie pour commencer à produire en utilisant la technologie 4 nm au cours du premier semestre 2025. La deuxième usine intégrera quant à elle des gravures en 2 nm et en 3 nm. La production doit débuter en 2028.

La filiale d'Arizona du géant taïwanais et le ministère américain du commerce ont signé un protocole d'accord préliminaire non contraignant pour un financement direct pouvant atteindre 6,6 milliards de dollars dans le cadre du CHIPS and Science Act. "Le CHIPS and Science Act donne à TSMC l'occasion de réaliser cet investissement sans précédent et d'offrir à sa fonderie des technologies de fabrication parmi les plus avancées des États-Unis", a déclaré Mark Liu, président de TSMC.

Dans la foulée, TSMC a annoncé son intention de construire une troisième usine sur son site basé à Phoenix, en Arizona, afin de répondre à la forte demande. Son installation dans l'Etat remonte à mai 2020, date à laquelle le fondeur annonce son intention d'investir 12 milliards de dollars pour une usine de semi-conducteurs à la pointe de la technologie. La construction de la première usine a commencé en avril 2021 suivie du lancement d'une seconde en décembre 2022 après avoir fait part d'une hausse des investissements, grimpant désormais à 40 milliards de dollars.

Trois usines de semi-conducteurs et un investissement porté à 65 milliards de dollars

Aujourd'hui, alors que le fondeur progresse dans l'achèvement de sa première usine et poursuit la construction de sa deuxième usine, la troisième usine porte le total des dépenses d'investissement de TSMC pour le site de Phoenix, en Arizona, à plus de 65 milliards de dollars. Cela fait du site le plus grand investissement étranger direct de l'histoire de l'Arizona, et le plus grand investissement étranger direct dans un projet de création de site dans l'histoire des États-Unis.

Cette nouvelle "fab" se concentrera sur la production de puces en gravure 2 nm et devrait être opérationnelle d'ici la fin de la décennie. En parallèle, TSMC indique que sa première usine est en bonne voie pour commencer à produire en utilisant la technologie 4 nm au cours du premier semestre 2025. Sa deuxième usine intégrera quant à elle des gravures en 2 nm et en 3 nm. La production doit débuter en 2028.

6 000 emplois directs issus des trois usines

Les trois usines de la filiale de TSMC en Arizona devraient créer environ 6 000 emplois directs, "constituant une main-d'œuvre qui contribuera à soutenir un écosystème mondial de semi-conducteurs dynamique et compétitif", assure l'entreprise. Les entreprises clientes de TSMC – à l'instar d'Apple, AMD ou encore Nvidia – profiteront ainsi d'un accès plus rapide et local à des composants de pointe. Des puces qui alimenteront par la suite les prochains iPhone et GPU à l'heure de l'intelligence artificielle.

Selon une analyse du Greater Phoenix Economic Council, cet investissement accru dans trois fabs doit créer plus de 20 000 emplois cumulés dans le secteur de la construction et des dizaines de milliers d'emplois indirects chez les fournisseurs et les consommateurs.

Outre les 6,6 milliards de dollars de financement direct proposés, le contrat signé pourrait également aider TSMC à décrocher des prêts d'un montant maximal de 5 milliards de dollars. Le fondeur prévoit de demander au département du Trésor américain des crédits d'impôt à l'investissement à hauteur de 25 % des dépenses d'investissement qualifiées de TSMC Arizona.

Répondre à un contexte de crise géopolitique

Ce n'est bien évidemment pas anodin si les Etats-Unis ont décidé de soutenir le taïwanais dans son expansion en Arizona. Rappelons que la Chine et le pays de l'oncle Sam se mènent une guerre commerciale sans fin, étayée par de plus en plus d'interdictions sur chacun des continents. Résultat, les Etats-Unis cherchent des alliés, et se sont largement rapprochés du Japon notamment.

La semaine dernière, le président des Etats-Unis Joe Biden et le Premier ministre japonais Fumio Kishida se sont rencontrés lors d'une visite officielle de ce dernier. Objectif affiché : faire accélérer la recherche technologique, et tout particulièrement dans le domaine de l'intelligence artificielle et des semi-conducteurs. A la clé, une enveloppe de l'ordre de 100 millions de dollars pour sceller le partenariat. Les détails n'ont, pour l'heure, pas été communiqué.

Redorer le blason du pays

Pour l'administration Biden, il y a également un fort enjeu de souveraineté. "Les semi-conducteurs - ces minuscules puces plus petites que le bout de votre doigt - alimentent tout, des smartphones aux voitures en passant par les satellites et les systèmes d'armement. L'Amérique a inventé ces puces, mais au fil du temps, nous sommes passés d'une production de près de 40 % de la capacité mondiale à près de 10 %, et aucune des puces les plus avancées, ce qui nous expose à d'importantes vulnérabilités sur le plan économique et de la sécurité nationale", a déclaré Joe Biden en marge de l'annonce de la subvention accordée à TSMC.

Le CHIPS and Science Act vise donc à répondre à cette problématique par la fabrication de semi-conducteurs sur le territoire et une croissance retrouvée pour l'emploi dans ce secteur.

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