Nvidia pensait avoir trouvé la parade pour continuer à vendre en Chine ses processeurs graphiques (GPU) dédiés à l’intelligence artificielle, malgré les restrictions d’exportations imposées par Washington. Mais le leader incontesté du marché devrait bientôt être rattrapé par la patrouille.
L’an passé, le gouvernement américain avait pris des mesures drastiques pour empêcher les groupes chinois d'acheter, sans autorisation préalable, des puces aux performances avancées, ainsi que les équipements nécessaires à leur production. Ces mesures affectent notamment les derniers GPU de Nvidia destinés à l’entraînement des modèles d’IA génératives.
Puces moins puissantes
Pour ne pas perdre une partie de son chiffre d’affaires, le groupe américain a lancé deux nouvelles puces, déclinaisons de ses produits phare, l’A100 et la plus récente H100. Baptisées A800 et H800, celles-ci sont capables d’entraîner des IA. Mais elles ne sont pas suffisamment puissantes pour être concernées par les restrictions d’exportation vers la Chine.
Cette stratégie n’a pas échappé aux responsables américains. Selon le Wall Street Journal, ils devraient donc élargir le champ d’action des sanctions, afin de limiter la vente en Chine des GPU A800 et H800. Ces modifications devraient intervenir le mois prochain, rapporte le quotidien économique américain.
Le cloud bientôt concerné
Washington devrait également étendre ses restrictions d’exportation aux services de cloud, qui ne sont pour le moment pas concernés. Cette absence est mise à profit par les entreprises chinoises travaillant sur l’IA, qui peuvent entraîner leurs modèles sur des plateformes de cloud - ce qu’elles auraient certainement fait, même en l’absence de sanctions. Et parfois même américaines.
Malgré l’ampleur de ces mesures, il est encore possible d’acheter des GPU A100 et H100 en Chine, révélait récemment une enquête menée par Reuters. Ces composants, vendus deux fois plus cher que le prix catalogue, sont obtenus par des sociétés basées dans les pays voisins. Les quantités disponibles ne semblent cependant pas suffisantes pour répondre à la demande.
Interrogé en mai par le Financial Times, Jensen Huang regrettait les restrictions américaines, qui l’amputent d’une partie de son chiffre d’affaires - la Chine représenterait, selon les estimations des analystes, entre 10% et 15% de son activité data center. Le patron de Nvidia soulignait par ailleurs qu’elles pourraient accélérer les efforts chinois pour développer des puces dédiées à l’IA.


![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
