Les fondateurs d'Oculus se réunissent au sein de Sesame pour créer des lunettes connectées

Brendan Iribe, Nate Mitchell, Ankit Kumar, Ryan Brown et d'autres sont à nouveau réunis au sein de Sesame, une start-up qui développe une paire de lunettes connectées et un assistant personnel tirant parti des dernières avancées en matière d'intelligence artificielle générative. Elle se positionne ainsi frontalement face à Meta, mais aussi à Google et son initiative Android XR.

Sesame AR
Sesame AR

La bande à l’origine d’Oculus serait-elle en train de se reformer ? C’est en tout cas comme ça que Nate Mitchell, l’un des cofondateurs de la start-up qui a fait renaître la réalité virtuelle en 2012, a présenté son arrivée au sein de Sesame en tant que Chief Product Officer.

Il rejoint Brendan Iribe (CEO d’Oculus avant son rachat par Facebook en 2014), Ryan Brown, Ankit Kumar et "beaucoup d’anciens membres de l’équipe Oculus d’origine". Avec une exception particulièrement notable : Palmer Luckey, l’inventeur de l’Oculus Rift, qui dirige désormais Anduril et vient d’annoncer un partenariat avec Meta dans la défense.

Faire mieux que Meta et EssilorLuxottica

Sesame risque de se frotter à Meta à l’avenir car elle développe un produit très clairement inspiré des Ray-Ban Meta : des lunettes connectées associées à un assistant personnel. L’entreprise de Mark Zuckerberg accélère fortement sur ce segment depuis deux ans. Son succès (certes modeste pour le moment) a d’ailleurs conduit Google et Samsung a développé un concurrent, et on sait qu’Apple étudie aussi la question.

Sesame pense pouvoir faire mieux. Sur son site web, l’équipe indique "croire qu’une petite équipe concentrée sur une vision claire peut construire de grandes choses". Un tacle à Meta et ses équipes gargantuesques qui ne sont pas toujours aussi efficaces qu’elles le voudraient ? Ou bien peut-être aux "big tech" en général. Elle précise en tout cas que l’intégration logiciel/matériel est au coeur de son approche.

Des "compagnons IA" qui discutent de façon très personnelle

Sesame insiste sur le fait que ses "compagnons" peuvent converser de façon très naturelle, et propose d’essayer leur prototype en ligne (qui avait été dévoilé fin mars). Nous avons discuté quelques minutes avec Maya, la version féminine du système.

Ses développeurs lui ont effectivement donné divers affectations vocales qui renforcent l’illusion de parler à un être humain (hésitations, pauses, langage familier), mais nous ne sommes pas particulièrement favorable à cette anthropomorphisation qui peut s’avérer trompeuse. Ils ont aussi implémenté des techniques pour réduire la latence dans les réponses qui sont appréciées même si elles ne fonctionnent pas à tous les coups et peuvent se planter magistralement.

Une start-up déjà bien financée

Le marché des assistants vocaux étant particulièrement compétitif en ce moment, Sesame devra mettre les bouchées doubles pour s’imposer face aux géants du marché. La start-up semble prête à le faire. Elle indique opérer "de grands clusters de GPU" et disposer d’une expertise interne en matière d’entraînement et d’évaluation des modèles. Ses chercheurs travaillent par ailleurs sur plusieurs technologies : synthèse vocale, multimodalité, ajustement de la "personnalité" de l’assistant, etc.

Elle est soutenue financièrement par Andreessen Horowitz, Spark Capital, Matrix Partners et d’autres, en sachant que Brendan Iribe et Nate Mitchell sont déjà à l’abris du besoin suite au rachat d’Oculus. Sesame est partagée entre des locaux à San Francisco, à Bellevue (près de Seattle) et à New York. Elle recrute activement dans une dizaine de domaines.

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