En novembre dernier, à l'occasion du sommet sur l'intelligence artificielle au Royaume-Uni, Antonio Guterres avait déclaré que "les principes de gouvernance de l’IA devraient être fondés sur la charte et déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU. Nous devons de toute urgence intégrer cela dans la sécurité de l’IA".
En mars dernier, le Parlement européen a adopté l'AI Act, règlement européen venant encadrer l'IA et ses usages. Aujourd'hui, les Nations Unies s'engagent un peu plus sur la voie de la protection des personnes contre le développement de systèmes d'intelligence artificielle à risque.
Une résolution juridiquement non contraignante
L'Assemblée générale a ainsi approuvé le 21 mars 2024 la première résolution des Nations Unies sur l'intelligence artificielle, et plus particulièrement la promotion de systèmes d'IA qui profitent à toutes les nations, respectent les droits de l'homme et soient "sûrs, sécurisés et dignes de confiance".
La résolution, parrainée par les États-Unis et coparrainée par 123 pays, dont la Chine, a été adoptée par consensus avec un coup de marteau et sans vote, ce qui signifie qu'elle a le soutien de l'ensemble des 193 pays membres de l'ONU. Rappelons toutefois que, contrairement aux résolutions du Conseil de sécurité, les résolutions de l'Assemblée générale ne sont pas juridiquement contraignantes.
Mêmes droits, hors ligne et en ligne
C’est la première fois que l’Assemblée adopte une résolution sur la réglementation de ce domaine émergent. Et ce pas en avant, considéré comme historique, constitue les prémices de ce à quoi pourrait ressembler le monde dans les années à venir avec l'intégration de l'IA partout et pour tous. L’Assemblée a ainsi appelé tous les États membres et parties prenantes "à s’abstenir ou à cesser d’utiliser des systèmes d'IA qui sont impossibles à exploiter conformément au droit international des droits de l’homme ou qui présentent des risques indus pour la jouissance des droits de l’homme".
L'objectif est de mettre le holà à certaines pratiques et de faire respecter les mêmes droits, en ligne comme hors ligne. L’Assemblée a également exhorté tous les États, le secteur privé, la société civile, les organismes de recherche et les médias à élaborer et à soutenir des approches et des cadres de réglementation et de gouvernance liés à une utilisation sûre, sécurisée et fiable de l’IA.
Un clin d'œil notamment aux médias qui ont intégré l'IA dans leurs organisations pour créer des fils d'actualité alimentés en temps réel ou pour produire des articles s'appuyant sur cette technologie.
L'IA au secours des inégalités ?
Rappelant les inégalités existantes entre les différents pays du monde, l'Assemblée a en outre reconnu les "niveaux variables" de développement technologique que cela entraîne entre et au sein des pays. Car, si l'IA est une technologie qu'il convient de s'approprier, tout un chacun ne peut le faire au même rythme et elle pourrait aussi bien réduire qu'augmenter la fracture numérique.
Enfin, le projet porté par les Nations Unies pourrait servir "de modèle pour les conversations futures sur les défis de l’IA dans d’autres domaines, par exemple en ce qui concerne la paix et la sécurité et l’utilisation militaire responsable de l’autonomie de l’IA", comme l'a indiqué Linda Thomas-Greenfield, ambassadrice et représentante permanente des États-Unis auprès de l'ONU. Une technologie qui pourrait également être un avantage précieux notamment dans la détection des maladies, les prévisions des inondations, l'aide aux agriculteurs etc.
"Nous souhaitons que cela complète les futures initiatives de l'ONU, notamment les négociations en vue d'un pacte numérique mondial et le travail de l'organe consultatif de haut niveau du Secrétaire général sur l'intelligence artificielle", a-t-elle ajouté.


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