La maison-mère de Facebook a dévoilé ce 17 janvier le nom des lauréats de son programme d'accélération "AI Startup Program". Celles-ci ont été triées sur le volet après une phase de sélection qui s'est tenue entre le 8 novembre et le 15 décembre dernier. Les entreprises souhaitant rejoindre le programme sont ainsi passées par différentes étapes devant un jury, composé de Meta, Hugging Face, Scaleway ainsi que l'incubateur HEC. Aujourd'hui, ce sont donc cinq jeunes pousses qui vont pouvoir bénéficier du mentorat et des ressources de ces entreprises au sein de Station F.
Meta indique avoir reçu 85 candidatures. Si au départ seuls quelques critères étaient imposés - être domicilié en France et utiliser ou vouloir utiliser un modèle de fondation open source - la suite s'est avérée plus difficile afin d'affiner la sélection. 30 critères portant sur l'aspect technique et sur la maturité business des entreprises ont été dévoilés permettant de déboucher sur une sélection de cinq jeunes entreprises.
Un mentorat à la fois technique et business
Ces dernières pourront, dès à présent et jusqu'à juin prochain, être épaulées par les chercheurs, ingénieurs ou doctorants de FAIR, le laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Meta – (CTO, data scientist, data engineer, ou autre profil capable de s'impliquer et de s'engager tout au long du programme) – mais aussi d’un "accès à la plateforme et aux outils de Hugging Face, et de la puissance de calcul de Scaleway", précise la firme américaine. Les start-ups disposeront de crédits pour utiliser les différentes plateformes. Rappelons que le laboratoire de recherche Fair, basé à Paris, a notamment contribué au développement du modèle de langage Llama 2 et à celui du modèle de reconnaissance d'image DINOv2. Au-delà des LLM, les entreprises sélectionnées pourront également s’appuyer sur des modèles de pointe en recherche ouverte dans le domaine du traitement de l’image et du son.
Pour Martin Signoux, Public Policy Manager chez Meta, se concentrer sur la France et sur le développement de sociétés et de produits sur ce territoire est la suite logique : "Il y a un alignement de planètes : notre plus gros laboratoire en dehors des Etats-Unis est en France. De même, nous sommes partenaires de Station F depuis 2017 et nous souhaitions renouveler ce partenariat". Interrogé sur les types de modèles que les lauréats vont pouvoir exploiter pour le développement de leur produit, Martin Signoux indique qu'il n'y a pas de limite aux LLM internes de Meta. Notons ainsi Llama, DINOv2 ou encore Segment Anything mais aussi Stable Diffusion. "Le seul type de modèle que nous n'ayons pas à travers cette sélection est un modèle audio", précise-t-il.
L'intégration des outils Meta au cœur de leur produit
Baptisée Fringuant, la start-up propose une solution de scan corporel, qui permet de connaître avec précision les tailles pour des vêtements et acheteurs donnés et ainsi, limiter les retours lors de commandes en ligne. Indiquant "combiner expertise en mode et intelligence artificielle pour réinventer l'expérience shopping", la jeune pousse travaille d'ores et déjà avec les marques Vanessa Bruno, Des petits hauts, La fée maraboutée ou encore Côtelé et Marcy. Sa solution est notamment construite sur celle de Meta, DINOv2, une méthode de formation de modèles de vision par ordinateur garantissant de hautes performances.

La start-up Fringuant a développé une application de scan corporel pour le retail
De son côté, Pollen Robotics est une entreprise spécialisée dans la robotique de service avec l'intégration de Llama2 et de Segment Anything pour la vision-language models. Sa plateforme humanoïde open source combine ainsi l'IA et la robotique afin de toucher plusieurs secteurs, allant de la recherche à l'industrie. Son robot Reachy est équipé de trois roues omni, plusieurs capteurs et un LiDAR pour la cartographie de l'environnement. Matthieu Lapeyre, co-fondateur et dirigeant de Pollen Robotics, affirme que la start-up a "dépassé le million d’euros de chiffre d'affaires avec son robot Reachy" ; celle-ci travaille en effet avec des universités, des entreprises, "l'un des GAFAM" (sans citer de nom) mais aussi des laboratoires d’intelligence artificielle, en France et à l'étranger.

Avec son robot humanoïde Reachy, Pollen Robotics cible plusieurs secteurs : la recherche, l'industrie, l'éducation ou encore la santé.
Comptant une vingtaine de personnes dont la plupart sont à distance, l'entreprise basée à Bordeaux ambitionne de lever des fonds au cours des six prochains mois et de lancer plus largement son robot. Pierre Rouanet, co-fondateur et directeur technique, estime qu'à terme, leur robot pourrait s'implanter dans le secteur de l'industrie. Ce dernier a déjà démontré sa capacité à prendre en main des outils comme une perceuse. En ce qui concerne Scaleway et Hugging Face, les deux entrepreneurs indiquent ne pas avoir rencontré de représentants des deux entreprises à l'heure actuelle, mais espèrent beaucoup de celles-ci. Scaleway pourrait s'avérer être un acteur important en raison de la demande croissante en sécurité et en protection de la vie privée de la part des clients.
Cybersécurité et juridique parmi les secteurs représentés
Autre lauréat, Qevlar AI utilise l’IA pour aider les entreprises à lutter contre les cyberattaques, notamment sur la partie signalling. En clair, elle s'occupe de traiter tout signalement des problèmes et identification des sources pour aider à leur résolution. Elle s'appuie pour cela sur une stratégie de construction de base de données et d'utilisation de LLM (LLaMA 2) pour leurs cas d'usage. Les usages peuvent aller de l'extraction et la classification de données au processus de cyber sentiment analysis, etc. "Nous sommes capables de nous brancher sur n'importe quel outil", assure Ahmed Achchak, dirigeant et co-fondateur de Qevlar AI, ajoutant que "c'est automatisé, l'IA est livrée entraînée et les clients n’ont rien à faire". Si elle reste discrète sur ses clients, son portefeuille compte tout de même des entreprises du CAC 40.

Ahmed Achchak et Hamza Sayah ont co-fondé Qevlar en 2023
S'adressant au secteur juridique, la start-up Jimini propose quant à elle "un copilote IA des professionnels du droit". Selon Raphael Arroche, co-fondateur et dirigeant de la jeune pousse, "2024 va être l’année des applications métiers de l’IA générative". C'est pourquoi l'entreprise a développé trois solutions dédiées à la recherche, l'analyse et la rédaction de documents juridiques en l'espace de quelques minutes. "Nous ne donnons jamais l’accès à la donnée à un fournisseur tiers", précise Raphael Arroche. Le LLM développé vient ainsi s'intégrer dans les workflows des avocats. La jeune pousse assure par ailleurs que proposer un hébergement des données en France lui tient à coeur, raison pour laquelle elle s'appuiera sur Scaleway.
Dernière de cette sélection, Kartoon souhaite fabriquer un outil d'IA générative pour faciliter la création de webtoons de façon collaborative et sans avoir besoin de dessiner. Elle s'adresse plutôt aux amateurs et à la génération Z, comme le souligne son dirigeant et co-fondateur Cédric Roux. L'outil s'appuie sur Stable Diffusion et vient en soutien sur les parties techniques et fastidieuses du storytelling.


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