Microsoft intègre DeepSeek R1 dans Azure, GitHub et bientôt Copilot+

Le divorce entre Microsoft et OpenAI étant sur le point d'être prononcé, le géant du cloud fait les yeux doux à d'autres acteurs de l'IA. Son choix s'est porté sur la star montante chinoise de l'IA : DeepSeek et son modèle R1 qui a fait sensation ces derniers jours. Le fruit de cette idylle : l'ajout du modèle au catalogue Azure ainsi que sur GitHub... et bientôt dans les PC Copilot+.

Microsoft Azure ajoute Deepseek a son catalogue
Microsoft Azure ajoute Deepseek a son catalogue

Chamboulement dans le monde merveilleux de l'intelligence artificielle. Microsoft a annoncé avoir ajouté DeepSeek R1 à son catalogue de modèles sur Azure AI Foundry et GitHub, rejoignant les quelques autres 1 800 modèles d'ores et déjà disponibles. "R1 offre un modèle puissant et rentable qui permet à davantage d’utilisateurs d’exploiter les capacités d’IA de pointe avec un investissement d’infrastructure minimal", promet Microsoft, reprenant les mots de la start-up chinoise.

Pour mémoire, le modèle, publié il y a désormais plus d'une semaine par son créateur, atteint des performances comparables à celles du modèle o1 d'OpenAI pour les tâches de mathématiques, de code et de raisonnement. La start-up qui en est à l'origine a décidé de mettre en libre accès DeepSeek-R1-Zero, DeepSeek-R1 et six modèles denses distillés à partir de DeepSeek-R1, basés sur Llama et Qwen.

Les PC Copilot+ vont bénéficier du modèle R1

La firme de Redmond semble avoir déjà quelques coups d'avance. Dans un billet de blog séparé, elle ajoute que les clients pourront utiliser des versions distillées du modèle DeepSeek R1 pour exécuter localement sur leurs PC Copilot+. "Nous proposerons bientôt des versions optimisées pour NPU de DeepSeek-R1 directement sur les PC Copilot+, en commençant par les processeurs Qualcomm Snapdragon X, suivis des Intel Core Ultra 200V et d'autres.

La première version, DeepSeek-R1-Distill-Qwen-1.5B, sera disponible dans l'AI Toolkit, avec les variantes 7B et 14B à venir bientôt. Ces modèles optimisés permettent aux développeurs de créer et de déployer des applications alimentées par l'IA qui fonctionnent efficacement en local, tirant pleinement parti des puissants NPUs des PC Copilot+", indique Raji Rajagopalan, VP Product au sein de la nouvelle division CoreAI de Microsoft.

Un besoin de faire sans OpenAI

Pour la firme, c'est aussi (surtout) un moyen de se diversifier, sa relation avec OpenAI ne tenant plus qu'à un fil. Les deux entreprises ont publié un communiqué à ce sujet pour rassurer les foules, mais les rumeurs vont bon train. "Les éléments clés de notre partenariat restent en place pendant toute la durée de notre contrat jusqu'en 2030, avec notre accès à la propriété intellectuelle d'OpenAI, nos accords de partage des revenus et notre exclusivité sur les API d'OpenAI", indiquent-ils.

En plus de cela, OpenAI a récemment pris un nouvel engagement envers Azure : ce dernier comprend notamment des modifications de l'exclusivité sur les nouvelles capacités, passant à un modèle où Microsoft a un droit de premier refus (ROFR). Pour soutenir la coqueluche de l'IA, Microsoft - en grand prince - a approuvé la capacité d'OpenAI à créer des capacités supplémentaires, principalement pour la recherche et l'entraînement des modèles. Il s'agit entre autres de lâcher du lest vis-à-vis du projet colossal Stargate dans lequel s'est engagé OpenAI.

La sécurité, mot d'ordre pour rassurer et pousser à l'adoption

Bien évidemment, un point a fait tiquer les acteurs de l'IA lorsque le modèle DeepSeek R1 est sorti : les données injectées dans le modèle nourrissent-elles la base de données de l'entreprise chinoise ? Si non, comment sont-elles protégées ? Qu'en est-il des données ayant servi à l'entraînement du modèle par ailleurs ? Cherchant à rassurer les foules, la firme de Redmond affirme que R1 a fait l’objet d’évaluations rigoureuses de sécurité et de red teaming, notamment des évaluations automatisées du comportement du modèle et des examens de sécurité approfondis pour atténuer les risques potentiels.

Microsoft indique par ailleurs qu'avec Azure AI Content Safety, le filtrage de contenu intégré est disponible par défaut, avec des options de désactivation activables en sus. Enfin, les clients peuvent tester efficacement leurs applications avant le déploiement.

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