Mistral AI lève 600 millions d'euros pour s'étendre aux Etats-Unis

Le fleuron tricolore de l'IA fait encore parler de lui. La rumeur courait qu'une levée de fonds était en cours, elle est désormais confirmée et s'élève à 600 millions d'euros pour une valorisation à près de 6 milliards d'euros. Ses ambitions sont fortes : recruter et renforcer sa présence outre-Atlantique. OpenAI n'a qu'à bien se tenir.

Guillaume Lample, Arthur Mensch et Timothée Lacroix, cofondateurs de Mistral AI
Mistral AI a été fondé par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, tous les trois Français, et des anciens de DeepMind et de Meta.

Mistral AI annonce d'une levée de fonds de 600 millions d'euros ce 11 juin 2024 — un mix d'equity et de dette. Cette série B a été dirigée par General Catalyst et DST. Avec ce tour de table la jeune entreprise passe un cap, puisqu'elle fait grimper sa valorisation à 5,8 milliards d'euros. Mistral a parcouru du chemin et a bien grandi depuis juin 2023, quand elle avait annoncé une série d'amorçage de 105 millions d'euros.

Ainsi, en décembre dernier, seulement six mois après sa création, la start-up vedette de l'IA en France a annoncé lever 385 millions d'euros et a vu sa valorisation monter en flèche à deux milliards de dollars (environ 1,85 milliard d'euros). Le prestigieux fonds Andreessen Horowitz et le leader des GPU Nvidia sont entrés dans son capital.

Etendre sa présence internationale, les Etats-Unis en priorité

Aujourd'hui, la référence française de l'IA fondée par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, tous les trois Français, et des anciens de DeepMind et de Meta, compte aujourd'hui plusieurs dizaines d'employés. "Ce nouveau cycle nous place dans une position unique pour repousser les frontières de l'IA et mettre la technologie de pointe à la portée de tous", a déclaré le co-fondateur et dirigeant Arthur Mensch.

Les fonds récoltés serviront à augmenter sa capacité de calcul, recruter du personnel et étendre sa présence internationale, notamment aux États-Unis, a déclaré la société à Reuters.

Ses modèles distribués par les plus gros providers

Mistral AI peut désormais se vanter d'être la référence française numéro un en matière d'intelligence artificielle générative et parmi les meilleurs en Europe. Le premier semestre de cette année a ainsi été consacré à la poursuite de sa stratégie de multiplication des plateformes, La start-up a su s'entourer d'entreprises de premier rang, notamment AWS, Databricks, Google, Microsoft, Salesforce, Snowflake, etc. A écouter l'un de ses fondateurs, Arthur Mensch, il s'agit d'"apporter l'intelligence artificielle générative partout". Interrogé à ce sujet lors d'un événement technologique en mars dernier, il avait alors répondu : "Ne pas s’attacher à un fournisseur de cloud unique, c’est aussi notre stratégie".

Ainsi, les modèles open source développés par la start-up sont disponibles sur "tous les gros providers", précise-t-il, ainsi que sur la plateforme Hugging Face. "L’idée, c’est que nos clients peuvent choisir l’infrastructure et changer au fil du temps". Fort de cette réussite, Mistral AI a développé ces derniers mois un certain nombre de modèles afin de développer son portefeuille de solutions - et de clients par la même occasion.

Plusieurs modèles lancés en l'espace de quelques mois

L'un de ses modèles a fait une entrée pour le moins remarquée dans l'écosystème. Baptisé Large et dédié au raisonnement de haut niveau pour des tâches complexes, il a, à plusieurs reprises, été considéré comme un concurrent de taille face au modèle GPT-4 d'OpenAI.

Plus récemment, c'est son modèle Codestral, dédié à la génération de code, qui a fait la une des journaux. L'un des cas d'utilisation des LLM les plus populaires est sans surprise la génération de code et la start-up française le sait. Ce modèle d'IA générative ouvert est explicitement conçu pour les tâches de génération de code et doit aider les développeurs à écrire et à interagir avec le code par le biais d'une instruction partagée et d'une API. Le modèle a été entraîné sur un ensemble de données diversifié de plus de 80 langages de programmation, précise Mistral AI, y compris les plus populaires, tels que Python, Java, C, C++, JavaScript et Bash et maîtrise l'anglais.

Miser sur la personnalisation pour plaire au plus grand nombre

En parallèle, la start-up française a lancé des services et un SDK pour personnaliser ses modèles. Il est donc possible de "fine-tuner" ses modèles depuis sa plateforme. Trois options sont proposées : en libre-service, géré ou sur mesure, l'objectif étant toujours le même : pousser à l'ultra-personnalisation pour toucher un plus grand nombre d'entreprises et, de manière plus large, des secteurs tout aussi variés.

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