Nvidia ne pourra plus exporter ses GPU optimisés pour l'IA vers la Chine

Les Etats-Unis ont élargi leurs restrictions d'exportation de puces vers la Chine, refermant une faille dans laquelle s'était engouffré le géant des cartes graphiques.

Puces électroniques
Puces électroniques

Nvidia pensait avoir trouvé la parade pour continuer à vendre en Chine ses processeurs graphiques (GPU) dédiés à l’intelligence artificielle, malgré les restrictions d’exportations imposées par Washington. Mais le leader incontesté du marché vient d'être rattrapé par la patrouille. Mardi 17 octobre, le département américain du commerce a en effet annoncé un élargissement de ses sanctions.

L’an passé, le gouvernement américain avait pris des mesures drastiques pour empêcher les groupes chinois d'acheter, sans autorisation préalable, des puces aux performances avancées, ainsi que les équipements nécessaires à leur production. Ces mesures affectent notamment les derniers GPU de Nvidia destinés à l’entraînement des modèles d’IA génératives.

Puces moins puissantes

Pour ne pas perdre une partie de son chiffre d’affaires, le groupe américain a lancé deux nouvelles puces, déclinaisons de ses produits phare, l’A100 et la plus récente H100. Baptisées A800 et H800, celles-ci sont capables d’entraîner des modèles d'IA, sans pour autant être suffisamment puissantes pour être concernées par les restrictions d’exportation vers la Chine.

Cette stratégie n’a pas échappé aux responsables américains, qui ont donc décidé d'élargir le champ d’action des sanctions, afin d'interdire la vente en Chine des GPU A800 et H800 de Nvidia. La puce Gaudi 2 d'Intel devrait aussi être concernée, tout comme le nouveau GPU que doit lancer AMD d'ici à la fin de l'année.

Le cloud pas concerné

Malgré l’ampleur de des restrictions de Washington, il est encore possible d’acheter des GPU A100 et H100 en Chine, révélait récemment une enquête menée par Reuters. Ces composants, vendus deux fois plus cher que le prix catalogue, sont obtenus par des sociétés basées dans les pays voisins. Pour y remédier, les sanctions américaines s'appliqueront désormais à une quarantaine de pays.

Interrogé en mai par le Financial Times, Jensen Huang regrettait les restrictions américaines, qui l’amputent d’une partie de son chiffre d’affaires - la Chine représenterait, selon les estimations des analystes, entre 20% et 25% de son activité data center. Le patron de Nvidia soulignait par ailleurs qu’elles pourraient accélérer les efforts chinois pour développer des puces dédiées à l’IA.

En revanche, Washington n'a pas choisi d'étendre ses restrictions d’exportation aux services de cloud, qui ne sont pour le moment pas concernés. Cette absence est mise à profit par les entreprises chinoises travaillant sur l’IA, qui peuvent entraîner leurs modèles sur des plateformes de cloud - ce qu’elles auraient certainement fait, même en l’absence de sanctions. Et parfois même sur des plateformes américaines.

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