Oracle en pleine forme après la signature d'un contrat de 300 milliards de dollars avec OpenAI

Oracle surfe sur l'intelligence artificielle et les méga-contrats cloud, tandis que l'un de ses fondateurs, Larry Ellison, s’enrichit. En parallèle, les licenciements servent à financer l’expansion des data centers. Retour sur la montée en puissance de ce quatrième acteur du cloud à l'ère de l'IA.

Oracle Headquarters
Oracle Headquarters

300 milliards de dollars. C'est la coquette somme qu'OpenAI va dépenser dans le cadre du contrat signé avec Oracle pour accéder à sa puissance de calcul sur environ cinq ans, et ce, à partir de 2027, rapporte le Wall Street Journal. Un engagement démesuré au vu des revenus actuels de la start-up qui s’élèvent à environ 12 milliards de dollars de revenus annualisés (ARR) en 2025.

Cet accord figure parmi les plus gros contrats cloud jamais signés, illustrant parfaitement comment les dépenses en centres de données pour l’IA peuvent atteindre des sommets, malgré les craintes croissantes d’une éventuelle bulle spéculative. Il fait suite à un autre deal signé plus tôt cet été entre les deux entreprises afin de sécuriser une capacité énergétique supplémentaire de 4,5 gigawatts. Un investissement visant à accélérer l'initiative Stargate qui prévoit d'atteindre les 10 GW à terme. Et pour Oracle, quatrième acteur mondial du cloud, cela se traduit par des résultats record pour son premier trimestre 2026.

Un trimestre record pour Oracle

Ses engagements futurs ont bondi de 359% à 455 milliards de dollars, tandis que son chiffre d’affaires total a progressé de 12% à 14,9 milliards, porté par une croissance cloud de 28% (7,2 milliards de dollars). L’infrastructure cloud (IaaS) a particulièrement brillé avec +55%, et les contrats multi-milliards se multiplient. La firme de Larry Ellison a en effet signé quatre contrats de plusieurs milliards de dollars avec trois clients différents, à savoir Meta, un groupe incluant Nvidia, AMD et xAI, le dernier client étant OpenAI qui est donc désormais tenu par deux contrats.

Oracle est ambitieux pour la suite : il estime que son ensemble de services cloud Oracle Cloud Infrastructure (OCI) devrait croître de 77% cette année (18 milliards de dollars), puis atteindre respectivement 32, 73, 114 et 144 milliards de dollars sur les quatre prochaines années. Les revenus liés aux bases de données multi-cloud (avec Amazon, Google et Microsoft) ont par ailleurs explosé de 1529%. Et le géant ne s'arrête pas là puisqu'un nouveau service, Oracle AI Database, doit être prochainement lancé afin d'intégrer des modèles d’IA (comme Gemini, ChatGPT, Grok) directement aux bases de données Oracle.

Une restructuration majeure en 2025

Pourtant, tout n'est pas si rose en interne. Oracle traverse une période de restructuration majeure cette année, marquée par des licenciements massifs dans plusieurs divisions, notamment l’expérience client (CX) et le marketing, ainsi que dans ses bureaux américains (notamment en Californie). Ces suppressions de postes s’inscrivent dans un plan de réduction des coûts visant jusqu’à 1 milliard de dollars, avec des milliers de licenciements prévus ou déjà en cours depuis cet été.

Annonce qui peut paraître contradictoire, Oracle continue pourtant de recruter massivement dans sa division cloud, secteur en forte croissance, et investit des milliards dans l’IA et les data centers. Une logique de "réalignement" qui s'étend au-delà d'Oracle, d'autres entreprises du secteur ayant peu ou prou procédé de la même manière.

Le co-fondateur d'Oracle talonne Elon Musk dans le classement des plus riches

Enfin, dans toute cette agitation, c'est bel et bien le portefeuille de son fondateur qui s'en trouve très largement renfloué. Les actions d’Oracle ont bondi d’environ 43% mercredi, atteignant un record historique et propulsant l’entreprise vers le club très fermé des sociétés valant plus de 1 000 milliards de dollars, rapporte Reuters. L'action a finalement clôturé en hausse de 36,7%, après avoir atteint un pic historique à 345,69 dollars, enregistrant sa plus forte progression en une journée depuis 1992.

Une annonce qui rapproche son co-fondateur, Larry Ellison, du sommet du classement des personnes les plus riches du monde. A 81 ans, sa fortune est principalement liée à sa participation de 41% dans Oracle. Et ces mouvements sur le marché ont fait augmenter sa valeur d’environ 100 milliards de dollars, pour atteindre 392,6 milliards, selon Forbes. Il talonne désormais Elon Musk, homme le plus riche des Etats-Unis pour la quatrième année consécutive. La fortune de ce dernier s'élève à 428 milliards de dollars, après avoir ajouté 184 milliards de dollars à sa fortune grâce à la hausse de l'action Tesla (qui a grimpé de 56%) et à 12 mois supplémentaires de valorisations croissantes de sa société de fusées non cotée SpaceX et de sa société d'intelligence artificielle xAI.

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