"Osez l'IA", le plan du gouvernement pour accélérer l'adoption de l'IA en entreprise coûte que coûte

L'initiative est belle, mais les sommes mobilisées restent loin de celles engagées par notre voisin outre-Atlantique. 200 millions d'euros, répartis dans plusieurs enveloppes, doivent aider les entreprises françaises à s'emparer de la question de l'intelligence artificielle et à lever les barrières qui bloquent jusqu'alors l'adoption. Un accès à des formations en ligne ainsi qu'à des solutions clé en main est prévu.

Clara Chappaz - Osez l'IA
Clara Chappaz - Osez l'IA

Pourquoi ce plan et pourquoi mettre autant l'accent sur l'intelligence artificielle ? Le gouvernement semble en effet obsédé par la question de l'IA et cherche par tous les moyens à pousser les entreprises et le public à prendre en main cette technologie. Sa raison : "elle transforme notre économie dans tous les secteurs". Certes. "L'adoption et la diffusion de l'IA pourraient générer des gains de croissance et de productivité conséquents pour l'économie française". Mieux.

Lors d'un point avec la presse, le cabinet de Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l'Intelligence Artificielle et du Numérique, a donc fait part d'un (énième) plan censé aider à ce fameux mouvement d'"adoption et de diffusion de l'IA", car, "La France n'est pas en avance". Dans l'hexagone, à titre d'exemple, le numérique représente ainsi 5% du PIB contre 10% aux Etats-Unis.

S'appuyant entre autres sur le dernier rapport de Bpifrance "L'IA dans les PME et ETI françaises : une révolution tranquille"et ses chiffres légèrement alarmants - 38% des 1209 dirigeants interrogés affirment que l'IA représente un enjeu clé pour la pérennité de l'entreprise, mais 57% indiquent ne pas avoir établi de stratégie IA dans leur entreprise - le gouvernement veut donc prendre les commandes du navire pour embarquer tout le monde.

Un plan "pragmatique"

Sous l'impulsion de Clara Chappaz donc, la priorité de ce second semestre sera donc ce plan "Osez l'IA". Destiné aux entreprises, il se veut très opérationnel, compilant sensibilisation, formation, financement et accompagnement. "C'est un plan pragmatique qui vise à lever les freins que nous remontent les entreprises lorsqu'on leur demande pourquoi elles n'adoptent pas l'IA", nous précise le cabinet de la ministre déléguée.

"Souvent, elles ne savent pas à quoi cela sert et comment l'adopter". Une remarque à mettre en lumière avec les réponses des dirigeants interrogés par Bpifrance sur les principales difficultés et craintes rencontrées. 30% ont ainsi répondu "coûts trop élevés" et 30% ont également indiqué "possibles mauvais usages (partage de données confidentielles par exemple)". Le troisième point de blocage identifié est "cas d’usage difficiles à identifier" pour 23% des sondés.

Partout Dans l'Hexagone et en ligne

Ancré dans les territoires au travers des missions French Tech, des CCI, du réseau Bpifrance, mais aussi de France Digitale qui prévoit d'organiser un grand événement chaque année, ce programme repose également sur un réseau d'ambassadeurs "IA". 300 pour être exact. Une dizaine de rencontres d'affaires sont également au menu, organisées par thématique et par secteur. En 2026, une rencontre similaire au AI Business Day qui s'est tenu durant le sommet pour l'action sur l'IA en février dernier aura lieu.

Faisant la promotion d'un plan "pour les entreprises par les entreprises", le gouvernement va également initier une académie de l'IA pour que les entreprises puissent accéder aux formations en ligne sur le sujet et à des solutions qui existent déjà. Sous forme de plateforme en ligne, elle permettra d'orienter vers formations déjà existantes.

Avec le Ministère du Travail et de l’Emploi, l’objectif est de former 15 millions de professionnels d’ici 2030, en mobilisant aussi les outils existants : CPF, VAE, PRIC, CFA, France Travail, l’INRIA… En outre, la reconnaissance des compétences IA sera facilitée via des certifications spécifiques, référencées et accessibles sur MonCompteFormation.

200 millions d'euros alloués à l'IA

Au-delà de la formation, ce plan comporte deux axes de financement. D'abord via l'offre, un appel à projets "Pionniers de l'IA" doté de 100 millions d'euros doit faire émerger des "pépites françaises de l'IA" qui planchent sur des projets technologiques de rupture (robotique, industrie, santé, transition écologique…).

Parallèlement, 10 entreprises lauréates du programme France 2030 "Usages de l'IA générative", annoncées ce 1er juillet, offriront des solutions clé en main pour que les entreprises puissent s'emparer de l'IA. In fine, l'objectif étant de repérer des cas d'usage reproductibles dans l'éducation, la santé, le droit ou encore l'industrie.

L'autre axe qui concerne la demande se concentrera sur 4000 diagnostics Data-IA cofinancés à hauteur de 40% pour les PME et ETI françaises. En parallèle, un fonds de garantie bancaire sera lancé pour aider à financer des projets IA jusqu’à 500 000 euros sur 10 ans (une enveloppe de 100 millions d'euros est prévue au total). Enfin, le gouvernement prévoit de mettre en ligne un catalogue de solutions IA, classées par usages et secteurs, issu de l’AMI "IA pour efficience" lancé lors du Sommet pour l’action sur l’IA. Au total, ce sont 200 millions d'euros, issus du plan France 2030, qui seront donc mobilisés dans ce nouveau programme "Osez l'IA".

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.