OVH lance de nouvelles fonctionnalités pour "démocratiser" l'intelligence artificielle

Le spécialiste français du cloud veut permettre à ses clients de concevoir leur propre chatbot, adapté à leurs besoins et à leurs métiers, à partir de grands modèles de langage existants.

Data center OVHcloud de Roubaix
Data center OVHcloud de Roubaix

Comme ses rivaux, OVHcloud parie, lui aussi, sur l’essor de l’intelligence artificielle générative. Mardi 28 octobre, lors de sa conférence Summit, organisée à Paris, le spécialiste français du cloud a annoncé deux nouvelles fonctionnalités pour démocratiser l’usage de cette technologie auprès de ses clients.

“Notre objectif, c’est que tout le monde puisse utiliser l’IA sans avoir de connaissances spécifiques”, souligne Octave Klaba, le fondateur et président d’OVH. “Nous proposons déjà tout ce qu’il faut pour entraîner et inférer des modèles, mais cela ne suffit pas, ajoute Thierry Souche, le directeur technologique. Nous devons proposer des solutions pour permettre aux entreprises d’aller chercher des IA prêtes à consommer”, poursuit-il.

OVH va d’abord lancer une première solution baptisée AI Endpoints. Elle va permettre à ses clients d’utiliser des modèles à “usage générique” pour réaliser des tâches spécifiques. Par exemple, pour réaliser des traductions ou pour détecter des images sensibles. OVH promet des dizaines de modèles, dont une partie en open source, et un rapport prix/performance “exceptionnel”. De quoi transformer le recours à l’IA pour ces usages en “commodité”.

Des IA adaptées aux besoins des entreprises

Le groupe de Roubaix va aussi proposer un AI App Builder, disponible pour le moment en version alpha. Cette fonctionnalité va permettre aux entreprises de concevoir leurs propres solutions d’IA, adaptées à leurs besoins et à leurs métiers, à partir de grands modèles de langage, open source ou pas, comme Llama 2 de Meta et Mistral 7B de la start-up française éponyme.

Pour concevoir un chatbot ou un assistant, les clients d’OVH pourront injecter leurs données dans ces modèles d’IA. “Nous leur garantissons qu’elles ne seront jamais partagées”, précise Thierry Souche. Pour le responsable, cette solution va permettre à “une entreprise qui n’a pas d’experts en IA de pouvoir utiliser un grand modèle de langage pertinent pour son activité”.

Dans la course à l’intelligence artificielle générative, OVH restait cependant en retard sur la disponibilité des derniers GPU de Nvidia. Cela est en train de changer. Depuis la rentrée, la société propose déjà les puces A100 pour remplacer les vieillissantes V100. Et elle va bientôt ajouter les H100, la nouvelle référence du secteur, en particulier pour entraîner les derniers modèles d’IA. OVH promet des prix “ultra-compétitifs”.

"Aucune inquiétude" 

Face aux géants américains, très actifs dans le domaine, ou encore à son concurrent français Scaleway, Michel Paulin, le directeur général, n’a “aucune inquiétude” sur le succès d’OVH dans l’IA, soulignant que les offres basées sur les A100 ont été en rupture de stocks en quelques jours. “La question, c’est davantage de savoir si nous allons pouvoir répondre à la demande”, indique-t-il.

Malgré l’essor de l’IA générative, OVH ne devrait pas enregistrer une accélération de sa croissance pour son exercice fiscal 2024, entamé le 1er septembre. La société prévoit en effet une progression comprise entre 11% et 13% de son chiffre d’affaires, ce qui représenterait une troisième année consécutive de ralentissement. Et ce qui l'éloignerait encore un peu plus de son objectif de croissance annuelle de 25%.

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.