Mise à jour du 27 novembre 2024 : LightOn a sonné la cloche d'Euronext ce 26 novembre, preuve de la réussite de son introduction en Bourse sur Euronext Growth Paris. 1 467 052 titres ont été émis, ce qui représente 15,2 millions d'euros, soit un taux de sursouscription de 1,5 fois supérieur à l'annonce initiale. 11,9 millions d'euros ont été levés et le montant pourrait atteindre les 13,5 millions d'euros en cas d'exercice de l'option de surallocation, assure la société. Sa capitalisation boursière ressort ainsi à 62 millions d'euros.
Cette opération doit aider LightOn à renforcer ses équipes et à développer sa plateforme d’IA générative Paradigm avec des fonctionnalités supplémentaires telles que les agents IA, des capacités RAG multimodales, etc. L'achat de puissance de calcul est également dans la liste des priorités pour l'acteur français et les fonds levés ne seront pas de trop pour soutenir ces dépenses. Enfin, LightOn précise vouloir accélérer accélérer sa dynamique commerciale à l’international.
Article original : Ne rentre pas en Bourse qui veut. Il faut montrer patte blanche et apporter certaines garanties. L'exercice n'est pas sans risque non plus. Au premier abord, les start-up d'IA générative qui pullulent sur le marché semblent loin du compte. Même OpenAI, la plus proéminente d'entre elles, n'y songe pas encore. Pourtant, le français LightOn s'y engage. Il espère s'introduire en bourse sur Euronext Growth Paris en ouvrant une période de souscription dès ce 8 novembre et ce jusqu'au 20, avec une introduction attendue le 26 novembre.
Dans le détail, cette opération doit apporter un second souffle à l'entreprise avec une augmentation de capital d’environ 10,4 millions d'euros espérés, "pouvant être portée à 11,9 millions d'euros en cas d’exercice intégral de la Clause d’Extension et à 13,5 millions d'euros en cas d'exercice intégral de la Clause d’Extension et de l’Option de Surallocation (l’"Offre")", est-il précisé. LightOn se dit déjà assurée d'obtenir 3 millions d'euros à travers un engagement de souscription du fonds d'investissement Axon Partners. Le titre LightOn sera émis à un prix de souscription de 10,35 euros par action, valorisant l'entreprise à environ 50 millions d'euros.
Une IPO plutôt qu'une levée de fonds
"L’entrée en bourse de LightOn marquerait une étape majeure dans notre trajectoire de croissance et consacrerait notre position d'acteur de référence de l'IA générative en Europe", déclarent par écrit Igor Carron et Laurent Daudet, co-dirigeants et co-fondateurs de LightOn. Se présentant comme un "champion technologique français qui déploie déjà avec succès ses solutions d'IA auprès de grands groupes en France et à l’international", LightOn ne fait pas dans l'humilité.
Si cette opération "vise à doter la société de moyens financiers", c'est probablement car cette dernière n'a pas trouvé d'alternative pour poursuivre son développement et résonner à la fois sur la scène française et à l'international. Les levées de fonds ne manquent pourtant pas dans le secteur. Elle avance par ailleurs des objectifs pour le moins ambitieux : atteindre environ 40 millions d'euros de chiffre d’affaires, associé à une marge d’EBITDA d’environ 40% et 35 millions d'euros d’ARR d’ici 2027.
La rentrée d'argent qui découlera de cette IPO doit soutenir l'effort de guerre : accélérer les recrutements, s'assurer une avance technologique et s'attaquer aussi bien à de nouveaux verticaux qu'à de nouveaux marchés à l’international.
Un marché en pleine expansion, à condition de ne pas rater le coche
Certes, LightOn a parcouru du chemin depuis son virage vers l'IA en 2020. Elle compte désormais une quarantaine de salariés et commercialise deux solutions logicielles. L'acteur français a même réussi à se constituer un portefeuille de clients conséquent. Safran, Groupama, la Région Ile-de-France, la Direction générale des Finances publiques, le CNES ou encore Verlingue. Tous ont en commun l'adoption de Paradigm, la plateforme d'IA générative développée par LightOn. Reste qu'il ne s'agit jusqu'à présent que de POC, "les premières mises en production sont prévues d’ici la fin 2024 ou au premier trimestre 2025". Or c'est lors du passage en production que tout se joue.
Décrite comme une alternative à ChatGPT spécialement pensée pour les entreprises européennes, Paradigm peut être installée sur leur propre infrastructure informatique, ce qui en fait un précieux atout. En parallèle, l'entreprise a bouclé deux partenariats conséquents cette année : l'un avec HPE, l'autre avec Orange.
HPE et Orange, deux acteurs clé pour le développement de LightOn
L'accord conclu avec HPE se traduit par le lancement d'une offre conjointe. Elle repose sur les serveurs ProLiant DL380a Gen11 accélérés par des GPU H100 NVL 94GB avec NVLink. Avec une telle installation, les deux entreprises peuvent adresser plusieurs cas d'usage, qu'il s'agisse d'un simple chatbot, de systèmes RAG pour pouvoir accéder avec une base de documents en langage naturel ou de développer des agents qui sauront réaliser des tâches plus complexes sur des données hétérogènes (tableurs, données textuelles, etc.).
L'offre reste centrée sur les grands comptes en quête de solutions on premise, précise Laurent Daudet. "L'idée, c'est de croiser nos clients et ceux de HPE qui voudraient utiliser nos solutions mais n'auraient pas encore de serveurs adaptés. Ainsi, nos utilisateurs peuvent acquérir les serveurs HPE avec l'offre Paradigm préinstallée. Il y a aussi la réciproque qui est tout à fait possible", nous confiait-il lors de l'annonce officielle.
Dans le même temps, le Français accélère sur la mise en place d'une autre offre d'IA générative annoncée en mars dernier avec Orange Business. Il s'agit d'un service SaaS entièrement intégré et "prêt à l'emploi", comme le précisait Aliette Mousnier-Lompré, directrice de la filiale du groupe Orange lors de l'annonce. Le rôle de la start-up consiste à fournir le moteur de type LLM et une interface métier facile à prendre en main, aussi bien par des profils techniques que métiers.
Adaptée à de nombreux cas d'usage – incluant la gestion documentaire, le reporting ainsi que la génération de contenus – l'offre possède trois grandes forces : un hébergement en interne sur le cloud privé virtuel baptisé "Cloud Avenue" d'Orange Business, une interface utilisateur simplifiée reposant sur du RAG (Retrieval Augmented Generation) et une maîtrise des coûts garantie. A noter que l'offre de cloud privé est hébergée dans les datacenters d'Orange à Chartres et à Val-de-Reuil, en France.


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