Pour réduire ses coûts, Intel pourrait céder une partie de sa participation dans Mobileye

Le géant américain des semi-conducteurs détient actuellement 88% des actions du fournisseur de systèmes de conduite autonome Mobileye. Une étape de plus dans la restructuration de la firme, qui a annoncé un plan massif de réduction des coûts après des résultats financiers décevants. Intel souhaiterait aussi se séparer de certaines filiales.

Une voiture équipée de la technologie Mobileye, sur les Champs-Élysées.
Une voiture équipée du système de conduite autonome Mobileye, sur les Champs-Élysées.

Intel envisagerait de céder une partie de sa participation dans la société de systèmes de conduite autonome Mobileye, selon Bloomberg citant des personnes proches du dossier. Le conseil d’administration de Mobileye devrait se réunir à la fin du mois afin d’étudier les différentes options proposées par Intel, qui pourrait vendre des actions sur les marchés publics ou directement à un tiers.

Le cours de l’action de Mobileye en chute libre

Le fondeur avait racheté Mobileye en 2017 pour 15,3 milliards de dollars (13,8 milliards d’euros), avant de l’introduire au Nasdaq en octobre 2022 avec une valorisation de 17 milliards de dollars (15,3 milliards d’euros). Fondée en 1999 en Israël, Mobileye conçoit des logiciels et du matériel pour les systèmes de conduite autonome et d’assistance à la conduite. À date, Intel détient une participation de 88% dans Mobileye, après avoir vendu l’année dernière une partie de sa participation pour 1,5 milliard de dollars (1,36 milliard d’euros).

Depuis le 1er janvier, Mobileye a vu le cours de son action baisser de plus de 70%. Une situation qui s’explique par une réduction de la demande chez les constructeurs de véhicules autonomes, avec une offre surabondante suite à la pandémie de Covid-19. La société a revu en août ses prévisions de chiffre d’affaires et de résultat d’exploitation à la baisse, bien en-dessous de ce qu’avaient prévu les analystes.

Intel doit présenter un plan de sauvetage ce mois-ci

Le choix de céder cette prise de participation s’inscrit surtout dans une restructuration globale d’Intel, qui cherche à réduire ses coûts après une baisse de son chiffre d’affaires de 1% sur un an au deuxième trimestre. La firmes a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait se séparer de 15 000 employés, pour atteindre une réduction des dépenses annuelles d’exploitation et d’investissement de 10 milliards de dollars en 2025.

Pat Gelsinger, CEO d’Intel, devrait présenter ce mois-ci un plan de sauvetage au conseil d’administration, incluant également la vente de certaines activités. La société envisagerait notamment de vendre son activité de fonderie – où elle utilise ses propres usines pour fabriquer des puces d’autres entreprises. Au cours du dernier trimestre, cette division a accusé une perte de 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros). Le fabricant pourrait aussi se séparer d’Altera, sa filiale de fabrication de puces programmables.

Qualcomm à l’affût

Bloomberg révèle aussi qu’Intel pourrait céder sa division “Network and Edge”, qui fabrique des puces pour les réseaux informatiques et de télécoms. Cette branche a vu son chiffre d’affaires baisser de près d’un tiers l’année dernière, à 5,8 milliards de dollars. La grande braderie d’Intel intéresserait même ses concurrents directs, comme Qualcomm, qui chercherait selon Reuters à acquérir des parts dans son activité de conception de puces sur sa partie PC et mobile. Intel a toutefois affirmé qu’il n’avait pas été, pour l’heure, approché par Qualcomm.

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