Pourquoi OpenAI est menacé d'un procès en diffamation en Australie

Un élu australien menace en justice la start-up OpenAI, coupable selon lui d'avoir terni sa réputation. Son produit ChatGPT a dit à plusieurs utilisateurs que l'homme avait été condamné dans un scandale de corruption... Chose qui ne s'est jamais produite.

ChatGPT
ChatGPT

ChatGPT pourrait bientôt se retrouver devant les tribunaux. En Australie, un élu local menace en effet de poursuivre le robot conversationnel, développé par la start-up américaine OpenAI, pour diffamation, rapporte l’agence Reuters.

Maire d’Hepburn Shire, une petite commune du Sud-Est du pays, Brian Hood assure que ChatGPT a indiqué à plusieurs personnes qu’il avait été condamné dans un scandale de corruption ayant touché, dans les années 2000, la branche de la banque centrale australienne chargée d’imprimer les billets et les passeports.

Multiples erreurs

Si Brian Hood a bien travaillé au sein de cette filiale, Note Printing Australia (NPA), il n’a en revanche jamais été condamné par la justice. Bien au contraire : il a été l'un des lanceurs d'alerte à l’origine de l’affaire en révélant l’existence de pots-de-vin versés à l’étranger, notamment en Malaisie, pour remporter des contrats d'impression. Il a ensuite témoigné lors du procès. 

En interrogeant ChatGPT, L’Usine Digitale est parvenue à reproduire cette erreur. Le robot nous a indiqué que Brian Hood a été condamné à douze ans de prison, avec une période incompressible de 10 ans. Relancé, il nous a ensuite précisé que l’intéressé avait fait appel de cette condamnation, mais qu’il avait été débouté. Puis, qu’il était toujours incarcéré… tout en nous invitant à la prudence car ses informations s’arrêtent en septembre 2021.

Dans d’autres conversations, le robot conversationnel a multiplié les mauvaises informations. Il nous a assuré que Brian Hood était directeur marketing puis directeur opérationnel de NPA, alors qu’il occupait le poste de directeur financier. Il nous a aussi expliqué que ses accusations portaient sur la qualité du papier utilisé par la banque centrale. Et qu’il avait reçu un prix qui n’existe pas, prétendument décerné par l’association des avocats aux lanceurs d'alerte.

Jusqu'à 250.000 euros d'amende

Ces multiples erreurs ne sont pas surprenantes. Elles s’expliquent par le fonctionnement de ChatGPT, qui prédit des réponses en fonction de certaines informations dont il a connaissance. C’est pour cela que Sam Altman, le patron d’OpenAI, recommande de ne pas utiliser le service pour des “choses importantes”.

"Cette erreur est un exemple édifiant des préjudices sur la réputation qui peuvent être causés par les systèmes d'intelligence artificielle comme ChatGPT, qui fournissent des réponses inexactes et peu fiables déguisées en faits”, souligne l’un des avocats de Brian Hood.

OpenAI a été prévenu le 21 mars. Un délai de quatre semaines a été accordé à la start-up américaine pour rectifier cette erreur, faute de quoi une plainte sera déposée. Selon la loi australienne, OpenAI risque une amende pouvant atteindre 400.000 dollars australiens, soit près de 250.000 euros.

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