Preligens rend les armes et se fait racheter par Safran

La start-up lancée en 2016 n'aura finalement pas réussi à percer dans le secteur de la défense, certes porteur, mais très contraignant. Après avoir lancé un appel d'offres pour sa reprise mi-avril, Preligens est rachetée par le groupe aéronautique et de défense Safran, lui permettant de rester sous pavillon français.

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Preligens, la start-up évoluant dans le secteur de la défense est à court de munitions.

Mise à jour du 18/06/2024 : Le groupe aéronautique et de défense Safran a remporté les enchères pour acquérir Preligens, révèlent Les Echos et La Tribune. Le suédois Hexagon AB et la coentreprise franco-italienne Telespazio, détenue par Thales et Leonardo, avaient également déposé des offres de reprise. Safran a signé un chèque d'environ 220 millions d'euros, alors que les actionnaires attendaient, eux, jusqu'à 350 millions d'euros.

Article original :Spécialisée dans le traitement des données d'intérêt défense et les renseignements générés par des capteurs, la start-up Preligens rend les armes. Après un projet de cession annoncé par l'Agefien décembre dernier, c'est au tour du média Les Echos de détailler la situation plus qu'aggravante de la start-up, considérée encore peu comme une pépite française.

Ainsi, les fondateurs de Preligens, Arnaud Guérin et Renaud Allioux, se sont tournés vers Jean-Yves Courtois l'année dernière – le nommant président de l'entreprise – dans l'espoir de redresser la barre. Ancien de la Direction générale de l'armement et de Thales, il est également passé par Temex et Safran Trusted 4D, une filiale de Safran Electronics and Defense (Division du Groupe Safran), spécialisée dans le positionnement, la navigation et le timing résilients.

Un appel d'offres lancé auprès d'une vingtaine d'acteurs

Toutefois, cela ne semble pas suffisant puisque Les Echos rapporte que Jean-Yves Courtois a lancé un appel d'offres auprès d'une vingtaine d'acteurs pour sa reprise et espère des remises d'offres mi-avril. Thales et Safran semblent d'ailleurs être entrés dans la course. Le marché de la défense qui semblait porteur en apparence se révèle finalement bien plus contraignant que prévu pour la société.

La start-up française est donc confrontée à un défi de taille. Si elle souhaite rebondir et mettre un coup d'accélérateur sur sa croissance, elle doit se tourner vers les Etats-Unis, en particulier le Département de la défense américain. Toutefois, le repreneur ne pourra être qu'européen pour des raisons évidentes de souveraineté, au vu des clients de renom que compte Preligens, tels que le Chef d’État-major de la Marine, la Direction du renseignement militaire ou encore le Chef d’État-major des Armées. Affaire à suivre.

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