Robotique humanoïde : Le suisse Flexion lève 50 millions de dollars pour son logiciel d'autonomie à usage général

Fondée par d'anciens chercheurs de Nvidia, Flexion développe une “suite logicielle d'autonomie” permettant aux robots humanoïdes de fonctionner avec très peu de supervision humaine, quelle que soit leur morphologie ou les tâches qu'ils réalisent. Après avoir noué quelques partenariats, la start-up entend augmenter ses capacités de calcul et s'étendre aux États-Unis.

Start-up suisse robotique Flexion
Start-up suisse robotique Flexion

Flexion, start-up suisse spécialisée dans le développement de logiciels pour robots humanoïdes, a annoncé le 20 novembre une levée de fonds en série A de 50 millions de dollars (43 millions d'euros). NVentures, branche de capital-risque de Nvidia, a participé au tour de table, tout comme DST Global, Redalpine et le géant néerlandais Prosus. La jeune pousse, fondée en janvier, avait déjà récolté 7,35 millions de dollars (6,3 millions d'euros) en avril.

Une architecture à trois couches

À la différence d'autres entreprises mettant au point des modèles d'IA dans la robotique humanoïde, Flexion assure que sa “plateforme d'autonomie” est conçue pour fonctionner sur différents types d'appareils, peu importe leur morphologie ou les tâches pour lesquelles ils sont programmés. La start-up basée à Zurich n'entraîne en outre pas ses modèles sur des données issues du monde réel, mais sur des données artificielles issues de simulations physiques.

Plus précisément, le logiciel de Flexion repose sur une architecture à trois couches. La couche de commande est composée de plusieurs LLM pour le “raisonnement de bon sens”, qui vont prendre en compte les tâches en langage naturel, les décomposer en sous-tâches et fournir des éléments de compréhension de l'environnement. Un modèle vision-langage entraîné sur des données générées prend ensuite le relais, afin de proposer des trajectoires et mouvements. Un système de contrôle corporel basé sur l'apprentissage par renforcement (RL) permet enfin d'exécuter les commandes sur tout terrain et pour toutes commandes.

Ouvrir des bureaux dans la Silicon Valley

 “Un module Nvidia Jetson Orin, intégré à un sac à dos sur mesure, permet au robot d'exécuter des boucles de contrôle de bas et de haut niveau, d'estimer les mouvements et de comprendre les scènes 3D, ajoute Flexion dans un communiqué. Le système embarqué reçoit les commandes de l'agent VLM hébergé dans le cloud et les convertit en actions articulaires.” Grâce à une caméra fixée à l'avant du robot, l'agent peut détecter les objets et les placer dans l'espace 3D. 

La start-up, qui compte une trentaine de salariés parmi lesquels d'anciens chercheurs de Nvidia, espère avec cette levée de fonds accélérer la commercialisation de sa plateforme et étoffer son équipe de R&D. Elle compte également ouvrir des bureaux près de San Francisco et accroître ses capacités de calcul. “Nous collaborons déjà avec d'importants partenaires OEM, et cette annonce contribuera à étendre ces partenariats à l'échelle mondiale”, ajoute Flexion.

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