Siemens lance une offre de "copilotes" assistés par l'IA pour la maintenance industrielle

En élargissant son portefeuille de produits - liés à la maintenance prédictive notamment - Siemens veut proposer une stratégie proactive plutôt que réactive aux entreprises. Reste à savoir si miser sur ces fameux "agents IA" sectoriels sera effectivement le bon virage à prendre pour s'adapter à l'ère de l'IA générative.

Siemens présente son copilot
Siemens accélère dans l'IA générative avec le lancement de son propre Copilot.

L'industriel allemand accélère la cadence. Alors que Google et IW Consult prévoient dans une étude que 59% des emplois dans le secteur manufacturier seront impactés par l’IA générative, Siemens veut prendre le dessus sur la technologie avant qu'il ne soit trop tard. La firme a levé le voile la semaine dernière sur une offre regroupant plusieurs assistants alimentés par l'IA générative sous le nom de Siemens Industrial Copilots.

S'intégrant à l'ensemble de la chaîne de valeur - de la conception aux services - ces assistants permettent aux équipes d’ingénierie de générer du code pour les automates programmables dans leur propre langue, d'accélérer la génération de code SCL d’environ 60%, mais aussi de réduire les erreurs et le besoin de connaissances spécialisées. Résultat : un gain de temps de développement, une meilleure qualité et une productivité accrue à long terme, assure l'industriel. Si certains sont disponibles dans l'immédiat, d'autres arriveront courant 2025.

Siemens accélère sur la maintenance prédictive

Pour compléter son offre Industrial Copilots, la firme allemande a également lancé des fonctions supplémentaires pour Senseye Predictive Maintenance. La solution, alimentée par l’IA générative, et qui couvre toutes les étapes du cycle de maintenance, de la réparation et la prévention à la prédiction et l’optimisation, se voit enrichie de deux offres : un pack d'entrée et un pack évolutif.

La première offre consiste en une "approche accessible et économique de la maintenance prédictive, combinant des recommandations de réparation assistées par IA avec des fonctions de prédiction de base. Elle aide les entreprises à passer d’une maintenance réactive à une maintenance conditionnelle, grâce à une connectivité limitée pour la collecte de données capteurs et une surveillance en temps réel".

La seconde intègre Senseye Predictive Maintenance avec toutes les fonctionnalités du Maintenance Copilot. Il permet d’anticiper les pannes, de maximiser la disponibilité des équipements et de réduire les coûts grâce à des insights pilotés par l’IA. Avec un passage à l’échelle de l’entreprise et un diagnostic automatisé, Siemens pousse évidemment les entreprises à adopter cette solution. Les premiers cas d’usage ont montré que l’Industrial Copilot pour la maintenance permet de réduire en moyenne de 25% le temps consacré à la maintenance réactive.

Des partenaires technologiques de référence pour assurer son offre

Pour y parvenir, Siemens s'est toutefois entouré d'acteurs référents en matière d'IA, à savoir AWS et Microsoft. "Notre outil couvre la conception, la planification, l’ingénierie, les opérations et les services. Mais soyons honnêtes : l’ingénierie de l’automatisation ne se fait pas uniquement avec les outils Siemens. Elle se fait aussi avec différents outils provenant d'autres fournisseurs, commente Rainer Brehm, CEO Siemens factory automation, lors d'une conférence de presse.

En faisant cela, Siemens s'adapte aussi bien à ses clients habitués à travailler dans un environnement Microsoft Azure que dans SageMaker d'AWS. Il faut adopter une vision holistique, celle d’un univers industriel global. Et nous croyons fermement que les copilotes seront enrichis à l’avenir par la notion d’agents intelligents".

Un modèle de facturation à définir

Bien évidemment, l'industriel compte bien facturer ces services à ses clients :"Actuellement, nous avons des copilotes déjà disponibles sur le marché et le premier copilote pour l’ingénierie est gratuit. Mais, à l’avenir, si vous utilisez cela dans le cadre d’un service managé, alors nous facturerons ce service, car cela inclut aussi des coûts, par exemple ceux liés aux grands modèles de langage de nos partenaires — que ce soit AWS ou Microsoft", ajoute Rainer Brehm.

Avant de conclure : "Lorsqu’on parle de la manière dont on va intégrer les agents, le modèle économique final n’est pas encore complètement défini. Nous y travaillons avec des clients pilotes. Mais si nous proposons cela sur la marketplace, il y aura clairement une facturation pour rendre ces services disponibles".

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