Midjourney a-t-il le droit de générer artificiellement des images fixes et des vidéos de super-héros de fiction comme Superman ou Wonder Woman ? C'est la question à laquelle devra répondre la justice américaine, après que le géant américain du divertissement Warners Bros Discovery a déposé une plainte, jeudi 4 septembre, contre la start-up à l'origine de cet outil d'intelligence artificielle (IA) générative. Enregistrée auprès du tribunal fédéral de Los Angeles, en Californie, elle dénonce une violation systématique du copyright, comme l'a repéré Bloomberg.
150 000 dollars par infraction
Lancé initialement en 2022 par un laboratoire californien du même nom, le programme Midjourney permet à ses utilisateurs de générer des visuels, via des consignes écrites en langage naturel – en juin, elle a fait part de son intention de développer un système similaire visant à générer des vidéos. Une technologie qui pose problème à de nombreux ayants droit, lesquels dénoncent depuis plusieurs années l'entraînement des modèles d'IA sur des bases de données protégées par le copyright et le droit d'auteur.
Dans le cas de Warner Bros, l'entreprise s'inquiète du fait que des internautes génèrent des images de personnages fictifs dans son giron et les publient sur des réseaux sociaux, comme Reddit ou Instagram. Elle accuse donc Midjourney Inc. de se passer de son autorisation pour créer de tels visuels et même de s'en servir pour promouvoir ses services auprès de ses utilisateurs. Elle réclame jusqu'à 150 000 dollars (environ 128 000 euros) de dommages et intérêts par infraction.
Une plainte après l'autre
"Midjourney a pris une décision calculée et motivée par le profit en n'offrant aucune protection aux titulaires de droits d'auteur, alors même que Midjourney est conscient de l'ampleur stupéfiante du piratage et des violations des droits d'auteur" que son outil représente selon Warner Bros., peut-on lire dans la plainte de la société de production et de distribution.
Une colère qu'elle n'est d'ailleurs pas la seule, dans ce secteur, à exprimer. Au mois de juin, deux autres studios américains, Disney et NBCUniversal, ont entamé une procédure judiciaire similaire, accusant l'outil d'IA d'être "un distributeur numérique, qui génère, à l’infini, des copies non autorisées de [leurs] travaux".
L'étau semble donc se resserrer autour de Midjourney qui, comme d'autres sociétés spécialisées dans l'intelligence artificielle générative, invoque pour se défendre le "fair use", un ensemble de règles qui prévoit en quelque sorte des exceptions au copyright, si l'usage des œuvres protégées concernées reste "raisonnable". L'argumentaire a déjà bénéficié à Anthropic et à Meta, ces derniers mois.


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