Aux Etats-Unis, la FTC ouvre une enquête sur OpenAI et ChatGPT

Alors que plusieurs procédures judiciaires visent déjà OpenAI outre-Atlantique, la Federal Trade Commission a lancé à son tour une investigation approfondie sur le droit des consommateurs utilisant ChatGPT.

OpenAI
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Il n’y a manifestement pas qu’en Europe qu’on s’intéresse à la protection des données des utilisateurs de ChatGPT, et à la propension de l’outil d’intelligence artificielle générative à relayer de fausses informations. Aux Etats-Unis, la Federal Trade Commission (FTC), l’agence qui défend notamment l’application du droit de la consommation, a ouvert la semaine dernière une enquête approfondie visant OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT.

D’après un document publié par le Washington Post, la FTC a ainsi adressé plusieurs demandes écrites à l’entreprise. Parmi celles-ci, la communication d’une liste exhaustive des plaintes qu’elle a reçues de la part de consommateurs concernant des informations "fausses, trompeuses, dénigrantes ou préjudiciables" sur des personnes. L’agence s’intéresse aussi aux données d’entraînement ingérées par ChatGPT et à la tendance du modèle à "halluciner" lorsqu’il ignore la réponse à une requête.

"Nous sommes convaincus que nous respectons la loi"

Si elle souhaite par ce biais identifier une éventuelle "atteinte à la réputation" des personnes, la FTC espère également obtenir de plus amples informations au sujet d’un incident de cybersécurité remontant au mois de mars. Une faille des systèmes d’OpenAI avait fait fuiter des informations relatives au paiement ou aux historiques de certains utilisateurs et il s’agit pour l’autorité américaine de déterminer combien de personnes ont réellement été affectées.

Fondateur et PDG d’Open AI, Sam Altman a regretté sur Twitter une fuite dans la presse de la procédure lancée par la FTC mais a assuré sa volonté de collaborer avec l’agence. "Il est très important pour nous que notre technologie soit sûre et favorable aux consommateurs, et nous sommes convaincus que nous respectons la loi", a-t-il écrit le 13 juillet.

Une législation à l'horizon

L’entrepreneur a toutefois tenu à réfuter les soupçons d’affabulation visant ChatGPT : "Nous concevons nos systèmes pour qu'ils apprennent à connaître le monde, et non des individus." C’est pourtant une préoccupation centrale des régulateurs, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde.

En France, le député Eric Bothorel avait d’ailleurs adressé en avril dernier une plainte à la CNIL, arguant qu’OpenAi ne respectait pas le RGPD en communiquant de fausses nouvelles sur des personnalités publiques comme la sienne.

Les Etats-Unis pourraient, selon le chef de la majorité au Sénat Chuck Summer, se doter bientôt d’une législation en matière d’intelligence artificielle. D’aucuns voient dans cette nouvelle volonté américaine de régulation un certain Brussels Effect, l’AI Act ayant été adopté en juin par le Parlement européen.

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