Plombé par les ventes de smartphones, TSMC anticipe une chute de son chiffre d'affaires

Le fondeur taïwanais redoute un repli de 10% de ses ventes cette année, alors que la reprise attendue du marché sera moins forte qu'espéré.

12 pouces
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L’amélioration attendue par TSMC sera moins forte qu’espérée. Jeudi 20 juillet, en marge de la publication de ses résultats trimestriels, le groupe taïwanais a revu à la baisse ses objectifs annuels, reconnaissant que ses prédictions sur la conjoncture mondiale étaient trop optimistes. Il table désormais sur une chute de 10% de son chiffre d’affaires. Jusqu’à présent, il anticipait un repli à “un chiffre”.

Le premier fondeur mondial de semi-conducteurs est touché de plein fouet par la chute des ventes de smartphones et d’ordinateurs. Au deuxième trimestre, son chiffre d’affaires en dollars a ainsi reculé de 14%. Il avait déjà baissé de 5% sur les trois premiers mois de l’année. Et il devrait accuser un repli compris entre 13% et 17% sur le trimestre en cours.

Chute des ventes de smartphones

TSMC continue de prédire une amélioration sur les derniers mois de 2023, qui doit lui permettre de limiter la chute annuelle de ses recettes. Mais ce retournement du marché, provoqué notamment par une normalisation du niveau des stocks de composants détenus par ses clients, sera donc moins important qu’espéré initialement.

L’an passé, les ventes d’ordinateurs et de smartphones ont connu un plongeon historique. Cela s’explique par un effet de rattrapage suite aux belles performances pendant la crise sanitaire, et par la dégradation du contexte économique, entre inflation et crainte d’une récession. La situation ne s’est pas améliorée en début d’année, mais un rebond est espéré fin 2023.

TSMC est particulièrement sensible à ces deux marchés, qui représentent la majorité de son chiffre d’affaires. Le groupe, leader de la production “fabless”, c’est-à-dire sous-traitée, fabrique notamment les puces conçues par Apple, les cartes graphiques de Nvidia ou encore les puces réseau de Qualcomm. La forte demande pour les puces dédiées à l’intelligence artificielle générative ne suffit pas pour compenser.

Projet retardé aux Etats-Unis

Malgré ces difficultés, le fondeur va continuer à investir massivement pour accroître ses capacités de production. Sa feuille de route prend cependant du retard. Jeudi, il a repoussé l’ouverture de deux usines aux Etats-Unis, capables de produire la nouvelle génération de puces, gravées en 3 nanomètres. Un projet à 40 milliards de dollars qui se heurte à un déficit de main-d'œuvre qualifiée.

L’an passé, TSMC a également lancé la construction de sa première usine au Japon, en partenariat avec Sony. Et il pourrait ensuite s’implanter en Europe, très certainement en Allemagne. L’Union européenne espère en tout cas l’attirer avec d'importantes subventions publiques, prévues dans le cadre de son futur Chips Act, un plan d'investissements de 43 milliards d'euros.

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