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50 objets connectés pourront-ils un jour cohabiter dans mon salon ?

Les objets connectés sont voués à se multiplier, dans les entreprises comme chez les particuliers. Mais au sein du futur Internet des objets, tous pourront-ils cohabiter? Certaines contraintes sont d'ores et déjà prévisibles, et tous les acteurs ont un rôle à jouer pour ne pas surcharger les réseaux.

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Nous sommes de plus en plus entourés d'objets communicants, et cette tendance est toujours croissante. Se pourrait-il qu'à terme tous ces objets saturent les réseaux de communication? "Plus que le nombre d'objets, c'est le flux de données qu'il faut prendre en compte", précise Pascal Saguin, directeur général du fabricant d'objets connectés Adeunis RF. "Il existe déjà des flux en cellulaire, 4G, Bluetooth, ou encore WiFi, à plusieurs mégabits par seconde. Cela représente des flux très importants. Les objets connectés ont plutôt besoin de centaines de bits, ou kilobits par seconde. Même avec plusieurs dizaines de produits, cela reste un flux gérable."

Il faut aussi prendre en compte les fréquences utilisées: "Les protocoles de communication ont été définis pour permettre un bon partage des bandes de fréquence. Les réseaux sont prévus pour être densifiés", continue Pascal Saguin. "Un signal très pur ne devrait occuper que sa propre fréquence", ajoute Éric Fauxpoint, directeur marketing et communication EMEA du fabricant de matériel de tests et mesures Anritsu. Mais concrètement, il existe toujours des signaux parasites. Ceux-ci peuvent être plus ou moins importants selon la qualité de l'équipement électronique, de son âge, ou encore à cause de problèmes de connecteurs.

Attention aux risques de parasites

Mais l'électronique de très bonne qualité a un prix. "Pour un gadget, il ne faut pas être trop chère, continue Éric Fauxpoint. L’électronique « grand public » utilisée peut-être alors moins performante, vieillir plus vite et donc perturber son environnement." Et plus nombreux seront les objets, plus grande sera la probabilité de rencontrer ces problèmes de parasites. Le risque est alors de voir le débit de données se réduire. Le bon fonctionnement du réseau reposera aussi sur le respect des règles: "Si quelqu'un dépasse le flux de données autorisé, cela met en péril l'équilibre, prévient Pascal Saguin. Cela arrivera forcément, mais il reviendra aux opérateurs de jouer leur rôle de régulateurs, pour ne pas fragiliser le marché."

"Aujourd’hui, assis dans son salon avec sa tablette, on se préoccupe pas vraiment d'une baisse de débit temporaire chez soi", observe Éric Fauxpoint. Mais à terme, lorsque les objets surveilleront notre santé et notre sécurité, le niveau d'exigence pourrait augmenter. "Dans le cas d'un débit dégradé, que feront les consommateurs pour avoir un diagnostic rapide et résoudre le problème?, interroge-t-il. Il leur faudra des moyens simples." Certains fabricants prennent le problème en compte, comme Adeunis RF, qui prévoit d'équiper l'ensemble de ses capteurs d'un système de contrôle des fréquences émises. Pour Éric Fauxpoint, il y a probablement des solutions « grand public » à inventer, pour identifier les signaux standardisés des différents appareils qui nous entourerons à la maison par exemple, et donc détecter d'éventuelles perturbations

Les interfaces communes, une solution

L'élaboration d'interfaces communes aux différents objets pourrait d'ailleurs être un facteur facilitant leur adoption. "Avec la multiplication des objets connectés, on ne pourra pas se permettre d'avoir une application différente pour chacun", estime Benoit Néel, vice-président pour l'Europe de Keysight, fabricant de systèmes de tests et mesures électroniques. Pour lui, il sera donc nécessaire de standardiser les objets, pour les regrouper sur une même plateforme. "Mais il n'existe pas encore de cadre commun pour piloter cela", note-t-il. Pour les secteurs professionnels, l'enjeu prend une autre dimension: "Il existe énormément de plateformes, observe Pascal Saguin. Mais aujourd'hui, il est difficile d'évaluer leur capacité à gérer des flottes importantes sur le long terme. Il faut pour cela intégrer des outils tels que des filtres intelligents. Les meilleurs sortiront du lot à terme".

La bonne cohabitation des objets connectés est donc l'affaire de tous les acteurs du secteur. Mais les bonnes pratiques ont un coût, et il reste à savoir combien les utilisateurs seront prêts à payer, et pour quels services. "Un mauvais retour d'expérience risque d'entrainer un phénomène de rejet, prévient Éric Fauxpoint. Mais à terme, la distinction entre les gadgets et les services réellement utiles pourrait limiter le nombre d'objets qu'il faudra faire cohabiter."

En conclusion on peut dire que l’accroissement certain du nombre d’objets va rendre indispensable une régulation du trafic ne serait-ce que pour maintenir la qualité des flux et donc la pérennité des solutions proposées. Une réflexion est nécessaire sur les modalités de cette régulation et son étendue. Il y là un enjeu pour tous les professionnels de la filière électronique.

Contenu proposé par Acsiel Alliance Electronique

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