« Il y a aujourd'hui, avec les start-ups, un regain d'intérêt pour les métiers de l'électronique », estime Gilles Rizzo, délégué général d'Acsiel, regroupement professionnel des acteurs de l'électronique. « La communauté internationale nous regarde comme un pays innovant dans ce domaine. Mais nous manquons de ressources et d'experts, en recherche et développement, mais aussi en production. » Pour Xavier Lory, ingénieur d'application chez le fabricant de systèmes de tests et mesures électroniques Keysight, « les compétences sont excellentes en numérique, mais elles manquent dans le domaine des radiofréquences. »
Le sujet est important notamment pour les questions de compatibilité électromagnétiques entre objets communicants. Avant d'être commercialisés, les produits doivent subir des tests de conformité dans ce domaine. « Si un objet n'est pas conforme, sa conception doit être revue », continue Xavier Lory. « Avoir dans une entreprise des techniciens compétents sur ce sujet peut donc éviter les aller-retours avec les organismes de test, et accélérer la mise sur le marché des produits. »
« Il existe toujours des besoins pour des techniciens en hyperfréquences », confirme Marie Ros-Guezet, Ingénieur pour l'Ecole de Thales détachée auprès de du rectorat de l'académie de Versailles. Pourtant, les effectifs manquent. « Nous avions des difficultés à trouver ce profil parmi les jeunes diplômés. Il n'existe pas de BTS sur le sujet, et les étudiants titulaires des licences professionnelles ont tendance à poursuivre leur cursus en école d'ingénieur. » Par conséquent, il devient difficile de renouveler les techniciens partant à la retraite.
Face à ce constat de Thales, le rectorat de Versailles a proposé la mise en place d'une nouvelle formation sur le sujet des hyperfréquences. D'autres entreprises, fédérées autour d'Acsiel, ont alors pris part au projet, débouchant sur la création d'une formation complémentaire d'initiative locale (FCIL), au lycée Georges Brassens de Courcouronnes, dans l'Essonne. Cette formation de 6 mois s'adresse aux titulaires d'un BTS Systèmes numériques avec option électronique et communications, que ce soit en formation initiale ou continue. Elle commencera à la rentrée 2017.
« Il y a eu un très bon travail d'équipe entre les industriels et les enseignants du lycée, qui ont bâti le programme ensemble », explique Marie Ros-Guezet. « L'objectif est que les étudiants maitrisent les principes de base pour effectuer des mesures de qualité », résume Cécile Perier, ingénieur d'application chez Keysight. « Les enseignants connaissaient le sujet, mais nous avons passé en revue avec eux les techniques actuelles employées par les entreprises. » Keysight accueillera également les étudiants dans ses locaux pour quelques journées de formation avancée sur le matériel haut de gamme dont le lycée ne peut s'équiper.
En plus de leur formation théorique et pratique, les élèves passeront neuf semaines dans une entreprise. « Les étudiants doivent avoir trouvé un lieu de stage pour être retenus », précise Marie Ros-Guezet. Le choix des candidats se fera également sur dossier: « Il y a une forte sélection, car nous voulons que la probabilité d'embauche soit très élevée après cette formation, que les étudiants puissent s'intégrer dans l'entreprise où ils auront effectué leur stage. Plus nombreuses seront les entreprises participantes, plus nous pourrons étoffer la formation et offrir des débouchés. »
Dans d'autres métiers de l'électronique, la situation est similaire. « Des entreprises ont besoins de techniciens de tests et mesures ou d'opérateurs de production, de niveau bac et bac+2, mais ont de grosses difficultés à recruter », note Gilles Rizzo. « Les profils de commerciaux ayant un bon bagage technique sont également difficiles à trouver. Et la demande est assez forte de la part du corps professoral pour des formations en électronique. » D'autre initiatives similaires pourraient donc voir le jour à l'avenir.
Contenu proposé par Acsiel Alliance Electronique
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Du grand groupe à la pme, de la conception à la fabrication et à la distribution ces entreprises travaillent pour des secteurs de plus en plus divers en raison notamment du développement de l’internet de objets et de besoins sociétaux auxquels les technologies électroniques apportent des solutions.




