« Après notre livre blanc publié il y a deux ans, qui abordait la sécurité des réseaux électriques intelligents, nous avons souhaité aller plus loin », raconte Jean-Pierre Hauet, rédacteur en chef de la REE (revue de la SEE), qui a dirigé la synthèse de ce travail. Un an et demi ont été nécessaires pour aboutir à une grande monographie du sujet: « C'est un document de 300 pages, qui pourra servir de référence à tous ceux qui souhaitent commencer à mettre en oeuvre des applications dans le cadre de l'Internet des objets. » Sans prétendre à l'exhaustivité, l'étude évalue les enjeux liés aux objets connectés, et passe en revue de nombreux exemples de systèmes existants, des ruches connectées jusqu'aux usages de la SNCF, en passant par le réseau électrique. Pour effectuer ce tour d'horizon, le groupe de travail de la SEE a auditionné de nombreux acteurs du domaine, aussi bien des entreprises utilisant des objets connectés que des sociétés d'ingénierie, des fabricants de systèmes électroniques ou les fournisseurs de réseau.
« On estime qu'il y a à peu près 8 milliards d'objets connectés déployés aujourd'hui », note Jean-Pierre Hauet. « Et cela va continuer avec la miniaturisation de l'électronique et la banalisation des réseaux sans fil. » En effet, le rapport prévoit l'arrivée de systèmes embarqués de plus en plus compacts et bon marché au fil des années. « Les objets les plus élémentaires vont être connectés, et tous les secteurs d'activité sont concernés », continue le rédacteur en chef de la REE. « Le domaine des gadgets, plus visible par le grand public, n'est pas le plus porteur. Ce qui va émerger est une tendance plus profonde. »
Ainsi, la surveillance à distance devrait apporter son lot de révolutions, qu'il s'agisse d'appareils industriels ou d'équipements tels que les éoliennes, mais également dans le milieu hospitalier ou encore en agriculture, pour observer par exemple le taux d'humidité des sols. « L’Internet des objets n’est pas seulement un facteur de productivité et de création de valeur, il remet en cause les modèles d’affaires traditionnels, et ceux qui ne prennent pas à temps le train de l’IoT seront évincés du marché », estime le rapport de la SEE. Mais face aux nombreuses question qui se posent, prendre ce train peut s'avérer complexe. C'est pourquoi l'étude aborde en détail les technologies en jeu.
Les réseaux existants sont passés en revue, pour les communications à courte ou longue portée. La mutation vers la 5G est également abordée: « Nous considérons que ce sera un catalyseur très important. » Les protocoles informatiques sont également étudiés: non seulement l'IP, mais également les couches situées au dessus et en dessous. La SEE propose également un tour d'horizon des plate-formes existantes pour les objets connectés, telles que les proposent Google, Amazon ou Microsoft, mais également des acteurs de l'industrie comme Siemens ou Bosch. Enfin, un grand chapitre concerne la cybersécurité: « C'est le point fort de ce travail », estime Jean-Pierre Hauet.
Ce document, disponible le 20 novembre, devrait donc aider les entreprises à se lancer dans l'Internet des objets. « Il est toujours possible de trouver de bonnes raisons de ne rien faire, mais aujourd'hui, de nombreuses technologies sont disponibles », argumente le rédacteur en chef de la REE. L'un des objectifs de l'étude est justement d'aider les lecteurs à déterminer quelles technologies sont les mieux adaptées à une application donnée: « La documentation que l'on trouve au sujet des différents réseaux est très souvent faite pour promouvoir un produit. Nous, nous ne sommes pas piégés commercialement », ajoute Jean-Pierre Hauet. La SEE n'en a pas fini avec ce sujet, car certains points restent à approfondir: « La mobilité pose des questions spécifiques. Nous créeront sûrement un nouveau groupe de travail en 2018 pour aborder la question ! »
Contenu proposé par Acsiel Alliance Electronique
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