Apple ne désarme pas face à Bruxelles. Auditionné vendredi 30 juin par la Commission européenne, le groupe à la pomme va assurer qu’aucun changement supplémentaire n’est nécessaire sur son App Store, rapporte l’agence Bloomberg. Il va notamment insister sur les mesures qu’il a déjà prises et qui ont permis, à ses yeux, d’instaurer un “équilibre juste” entre ses intérêts et ceux des développeurs d'applications mobiles.
Apple est entendu dans le cadre d’une procédure sur de potentielles pratiques anticoncurrentielles sur le marché du streaming musical. Celle-ci a été déclenchée suite à une plainte déposée il y a quatre ans par Spotify, le leader suédois du marché qui s’estime désavantagé par les règles que lui impose le concepteur de l’iPhone, devenu son principal concurrent depuis le lancement d’Apple Music en 2015.
Pratique dite d'anti-steering
Spotify dénonce deux éléments. D’abord,le prélèvement d’une commission comprise entre 15% et 30% sur tous les abonnements souscrits depuis une application mobile. Ensuite, la pratique dite d’anti-steering, qui interdit aux développeurs de rediriger leurs utilisateurs vers un site Internet pour s’abonner à un service payant – et ainsi éviter de verser des commissions à Apple.
En mars, Bruxelles a abandonné le premier volet de son enquête, pour se concentrer uniquement sur l’anti-steering. Selon ses conclusions préliminaires, cette restriction est “ni nécessaire ni proportionnée”. Elle est aussi “préjudiciable pour les consommateurs”. Si elle est reconnue coupable d’avoir faussé la concurrence par un abus de position dominante sur la distribution d’applications, la société américaine risque une lourde amende, pouvant théoriquement aller jusqu’à 39 milliards de dollars.
Boutiques tierces bientôt autorisées
Pour se défendre, Apple souligne avoir mis un terme aux obligations d’anti-steering pour les applications dite de “lecture”, comme Spotify. Depuis, les développeurs peuvent rediriger leurs utilisateurs vers leur site et ainsi ne plus verser de commissions sur les abonnements. Mais les règles restent strictes, interdisant notamment de mentionner le prix hors application – et donc de mettre en avant de potentielles économies. Spotify a choisi de ne pas profiter de cette nouvelle possibilité.
Parallèlement à cette procédure, l’Europe s'apprête à imposer des changements importants, dans le cadre du prochain Digital Markets Act, qui doit entrer en vigueur l’année prochaine. Le texte, qui vise à renforcer la concurrence dans le numérique, interdira notamment la pratique d’anti-steering. Et il mettra surtout fin au monopole d’Apple sur iOS et de Google sur Android sur la distribution d’applications mobiles en permettant l’installation de boutiques tierces.

![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
