Pour gagner en productivité, Amazon mise énormément sur l'automatisation de ses entrepôts. D'après le New York Times, qui s'est procuré plusieurs documents internes sur la stratégie de la firme, la robotisation progressive des entrepôts Amazon lui éviterait d'avoir à recruter 600 000 salariés d'ici à 2033.
Dans le détail, la direction robotique d'Amazon prévoirait d'automatiser 75% de l'ensemble de ses opérations, ce qui se traduirait par une économie de recrutement de 160 000 personnes rien que dans les deux prochaines années. La multinationale compte environ 1,55 million de salariés à travers le monde, dont 1,19 million aux États-Unis selon les derniers chiffres d'octobre 2024, ce qui en fait le deuxième plus grand employeur privé du pays.
Doubler le nombre de produits vendus en 2033
Cette automatisation avancée permettrait une économie de 30 centimes sur chaque article sélectionné, emballé puis livré aux clients. D'ici à 2027, les efforts d'automatisation de la firme devraient lui rapporter 12,6 milliards de dollars (10,8 milliards d'euros), soit l'équivalent de 2% de son chiffre d'affaires global – incluant AWS et son activité publicitaire – réalisé en 2024. Pour 2033, la société prévoit de doubler le nombre de produits vendus.
D'autres documents consultés par le quotidien américain préconiseraient l'utilisation de termes spécifiques par les cadres d'Amazon, comme “technologie avancée” à la place d'“automatisation” et “intelligence artificielle”, ou encore “cobot” à la place de “robot” pour signifier un travail commun avec les salariés. En réponse aux questions du NYT, une porte-parole d'Amazon a déclaré que ses dirigeants n'avaient pas reçu d'instructions particulières en ce sens et que les révélations du journal ne reflétaient pas sa stratégie globale de recrutement.
Amazon porte ses efforts sur la robotique depuis près de 15 ans
Amazon s'intéresse à la robotique depuis près de quinze ans, notamment depuis 2012 avec l'acquisition de la start-up Kiva Systems pour 775 millions de dollars. Son robot le plus répandu, baptisé Hercules, est destiné au transport d'étagères mobiles (pouvant peser jusqu'à 560 kg) entre les postes de travail des salariés. La multinationale utilise également Proteus, un robot mobile autonome (AMR) pensé pour le déplacement de chariots et capable de naviguer au milieu d'opérateurs humains. Au total, les AMR représentent plus de 75% de la flotte robotique d'Amazon.
La firme de Seattle a également dévoilé en mai Vulcan, un robot équipé de plusieurs capteurs de retour de force lui conférant un “sens du toucher” pour le prélèvement et le stockage d'articles dans ses centres de distribution. Déployé dans deux centres de traitement des commandes aux États-Unis et en Allemagne, Vulcan devrait être installé dans une cinquantaine d'entrepôts américains avant la fin d'année. Amazon travaille enfin avec Agility Robotics pour des tâches de tri des conteneurs de recyclage et aurait fait appel à Unitree pour déployer des robots humanoïdes dans la livraison du dernier kilomètre.
Cet été, le géant de l'e-commerce a fièrement annoncé le déploiement de son millionième robot dans l'un de ses centres de distribution au Japon. Il revendiquait alors une assistance robotique, d'une manière ou d'une autre, pour trois livraisons sur quatre réalisées dans ses entrepôts. En parallèle, Amazon a dévoilé DeepFleet, un modèle d'IA appliqué à la robotique permettant de coordonner le déplacement des appareils sur l'ensemble du réseau de distribution afin de réduire de 10% le temps de trajet de sa flotte de robots.
Trois sites robotisés dans l'Hexagone
En France, Amazon compte désormais trois sites robotisés. Le premier, à Brétigny-sur-Orge (Essonne), a été inauguré en 2019, celui d'Augny (Moselle) en 2021 et celui de Boves, près d'Amiens (Somme) au début du mois. Initialement destiné à la gestion des gros colis, le centre de distribution de Boves a été entièrement transformé : seuls les quatre murs ont été conservés pour en faire la plus grande surface robotisée d'Amazon sur un seul niveau.
Concernant les répercussions sur l'emploi, la direction nationale d'Amazon se veut rassurante : “À travers la robotisation, nous allons pouvoir densifier notre zone de stockage, gagner 40% d'espace sur le site et ainsi augmenter l'emploi, expliquait Patrick Labarre, président d'Amazon France Logistique, lors de l'inauguration du centre de Boves. C'est en ligne avec notre stratégie de mieux servir nos clients et enlever des tâches pénibles ou répétitives pour nos collaborateurs.”


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