Malgré les menaces du président Donald Trump d’imposer des droits de douane aux pays qui infligent des sanctions aux entreprises américaine, l'Union Européenne continue de mettre la pression sur les géants technologiques de la Silicon Valley pour qu’ils respectent les règles européennes de concurrence.
Le 19 mars, Bruxelles a envoyé deux séries de conclusions préliminaires à Alphabet, la maison mère de Google, pour non-respect du Digital Markets Act (DMA). Ces conclusions font suite à deux procédures ouvertes en mars 2024, dans le cadre du nouveau règlement entré en vigueur la même année.
Des pratiques qui discriminent la concurrence
L’exécutif européen reproche au groupe de Mountain View de favoriser ses propres produits comme Google Flights, Google Shopping et Google Hotels, sur la page de résultats de Google Search ainsi que d’offrir à ses concurrents un référencement moins favorable. Il considère, par ailleurs, qu’Alphabet ne permet pas aux utilisateurs de téléphones Android d'être informés ou dirigés vers des offres moins chères de développeurs d'applications externes au Google Play Store.
Selon Bruxelles, les frais de service facturés par l'entreprise pour faciliter l'acquisition initiale d'un nouveau client par un développeur d'applications via Google Play vont au-delà de ce qui est justifié. "Soyons clairs : notre objectif principal est de créer une culture de conformité au Digital Markets Act. Les procédures de non-conformité sont réservées aux situations où les tentatives de dialogue n'ont pas abouti", a fait savoir Teresa Ribera, commissaire à la concurrence et vice-présidente exécutive de la Commission européenne.
Google a déjà été condamné en 2017 à une amende de 2,4 milliards d’euros pour abus de position dominante sur le marché des moteurs de recherche en favorisant son propre service de comparaison de prix. Si les avis préliminaires de la Commission le concernant sont finalement confirmés, Il pourrait être exposé à une nouvelle amende pouvant atteindre 10% de son chiffre d'affaires mondial annuel, soit un maximum de 34 milliards d’euros.
Contestant les conclusions de Bruxelles, Alphabet a estimé dans un communiqué qu’elles "préconisent de nouvelles modifications (…) qui nuiront aux entreprises et aux consommateurs européens, entraveront l’innovation, affaibliront la sécurité et dégraderont la qualité des produits".
Apple doit revoir sa position sur les objets connectés
En plus de Google, la Commission européenne a également demandé à Apple de se conformer au DMA. Elle lui a ordonné dans une décision à part, d’améliorer l’interopérabilité de ses iPhone avec les appareils connectés de marques concurrentes, comme les montres ou les écouteurs.
En cas de non-respect de cette injonction, Bruxelles pourrait ouvrir une enquête pour violation du DMA qui exposerait l’entreprise américaine aussi à des sanctions. Apple a réagi en affirmant que les demandes de l’UE "l'enferment dans une bureaucratie qui ralentit (sa) capacité à innover pour les utilisateurs en Europe et [l’] obligent à offrir gratuitement [ses] nouvelles fonctionnalités à des entreprises qui ne sont pas soumises aux mêmes règles".


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