Apple Intelligence posera définitivement ses valises dans l'UE en avril 2025

La firme de Cupertino s'apprête à diffuser son système Apple Intelligence dans l'ensemble des pays membres de l'UE. Dans un premier temps, seuls les propriétaires de Mac pourront accéder aux fonctions inhérentes au système, les utilisateurs d'iPhone et d'iPad priés d'attendre avril prochain.

Apple Intelligence - fonctionnalités IA sur les derniers OS
Les propriétaires européens d'un Mac peuvent dès à présent accéder à Apple Intelligence depuis macOS Sequoia 15.1.

Début juin, Apple donnait rendez-vous au monde entier pour sa conférence annuelle. Au-delà des annonces habituelles concernant ses produits phares – iPhone, iPad, Mac, Apple Watch – la firme a dévoilé son propre système d'intelligence artificielle sobrement baptisé "Apple Intelligence" et intégré aux dernières versions de ses OS.

Cette semaine, la firme nous apprend par voie de communiqué que les premières fonctions d’Apple Intelligence sont désormais disponibles dans le cadre d’une mise à jour logicielle gratuite vers iOS 18.1, iPadOS 18.1 et macOS Sequoia 15.1, et accessibles dans la plupart des régions du monde avec la langue de Siri et celle de l’appareil réglées sur l’anglais.

L'UE aura bientôt accès aux fonctions IA d'Apple

Les utilisateurs européens seront ravis d'apprendre qu'ils ne sont pas mis à l'écart : pour ceux qui possèdent un Mac, il leur est en effet possible d'accéder au système en anglais avec macOS Sequoia 15.1. Concernant les autres aficionados européens de la firme, il faudra attendre avril 2025 pour découvrir les fonctions d’Apple Intelligence sur iPhone et iPad. "Cela inclura de nombreuses fonctionnalités clés d’Apple Intelligence, notamment les Outils d’écriture, Genmoji, un Siri repensé avec une compréhension linguistique plus riche, l’intégration de ChatGPT, et bien plus encore", précise Apple.

La firme a déjà publié un calendrier de la prise en charge de langues supplémentaires. En décembre, Apple Intelligence sera disponible pour les variantes de l’anglais parlées dans les pays suivants : Afrique du Sud, Australie, Canada, Irlande, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni, et en avril, une mise à jour logicielle étendra encore le nombre de langues prises en charge. Seront notamment pris en charge l'allemand, l'anglais (Inde, Singapour), le chinois, le coréen, l'espagnol, le français, l'italien, le japonais, le portugais et le vietnamien.

Pour rappel, Apple Intelligence est disponible uniquement sur les modèles les plus récents, soit sur iPhone 16, iPhone 16 Plus, iPhone 16 Pro, iPhone 16 Pro Max, iPhone 15 Pro, iPhone 15 Pro Max, iPad avec puce A17 Pro ou M1 (et modèles ultérieurs) et Mac avec puce M1 (et modèles ultérieurs).

Une décision surprenante et risquée face au dma

Ce lancement en Europe a de quoi surprendre. En effet, lors de la WWDC, Apple avait fait comprendre qu'Apple Intelligence, iPhone Mirroring et SharePlay Screenshare n'arriveraient pas dans l'Union européenne cette année en raison du Digital Markets Act (DMA). Mark Gurman, spécialiste des produits Apple pour Bloomberg s'interrogeait alors sur le sujet : "Ces fonctionnalités violent-elles réellement le DMA ou Apple est-il vraiment incapable de contourner les problèmes de confidentialité ? Ou bien Apple fait-il cela (en partie) pour inciter les consommateurs de l'UE à s'opposer aux régulateurs ?", écrivait-il dans un tweet en juin dernier.

Dans le même temps, le Financial Timesrelataitque "les difficultés rencontrées par la firme pour rendre le système compatible avec les règles de l'UE - qui l'ont obligé à rendre des parties essentielles de son logiciel iOS et des services de l'App Store interopérables avec des tiers - signifient que les utilisateurs de l'UE seront privés de certaines fonctionnalités lorsqu'elles seront lancées dans d'autres parties du monde, plus tard en 2024."

Un rappel à l'ordre par Bruxelles en septembre

Le 20 septembre dernier, la Commission européenne a par ailleurs annoncé l'ouverture de deux "procédures de spécifications" à l'encontre du groupe à la pomme. Celui-ci a six mois pour renforcer l'interopérabilité de ses appareils et logiciels, sous peine de sanctions. La première "procédure de spécification" porte sur l'interopérabilité d’iOS et d’iPadOS avec les montres connectées, les casques audios et les casques de réalité virtuelle. Celle-ci va notamment porter sur les notifications, l'appairage des appareils et la connectivité.

La deuxième procédure porte sur les demandes d'interopérabilité d'iPadOS et d'iOS émises par les développeurs et les tierces parties. Si Bruxelles ne précise pas, cela pourrait concerner l'accès à l’assistant vocal Siri et à la puce NFC pour les paiements. "Il est essentiel que la procédure de demande soit transparente, rapide et équitable", explique la Commission.

La firme de Cupertino était-elle vraiment prête à se lancer en Europe ?

Point qui a son importance dans tout ce bourdonnement : macOS n'est pas soumis au DMA. De fait, l'annonce faite cette semaine peut être lue de deux façons : la première est que la firme de Cupertino prévoit un lancement de son système Intelligence en avril prochain pour iPhone et iPad en espérant avoir procédé à toutes les vérifications nécessaires et donc être prêt d'ici la date butoir.

La seconde est qu'Apple n'était en fait pas prêt à se lancer sur le marché européen en raison du manque de langues prises en charge. Plutôt que de l'admettre, la firme a préféré s'insurger contre le DMA et Bruxelles, faisant dans le même temps un coup de com' imparable.

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