Après Axel Springer et Le Monde, OpenAI s'achète les faveurs du Financial Times

OpenAI multiplie les partenariats avec des organismes de presse de renommée internationale. Une annonce qui n'a rien d'anodin, la start-up soutenue par Microsoft étant activement à la recherche de données provenant de sources fiables pour entraîner ses derniers modèles d'intelligence artificielle.

Financial Times HQ - sud de la Tamise
Le Financial Times accordera une licence pour ses contenus à OpenAI afin de l'aider à "développer une technologie d'IA générative capable de créer du texte, des images et du code impossibles à distinguer des créations humaines".

"Le Financial Times et OpenAI concluent un accord de licence de contenu". Le quotidien économique et financier britannique a choisi d'annoncer ce partenariat par la voix d'une de ses journalistes, Madhumita Murgia, qui traite des sujets liés à l'intelligence artificielle, en plus de se fendre d'un communiqué.

Si le montant de l'accord n'a pas été divulgué, il y a fort à parier qu'il s'agit d'une somme conséquente, et pour cause : OpenAI va pouvoir entraîner ses modèles d'intelligence artificielle sur le contenu archivé du Financial Times (FT).

Un accord gagnant-gagnant

Selon les termes de l'accord, le FT accordera une licence pour ses ressources au créateur de ChatGPT afin de l'aider à "développer une technologie d'intelligence artificielle générative capable de créer du texte, des images et du code impossibles à distinguer des créations humaines". En retour, les quelques 180 millions d’utilisateurs actifs mensuels pourront accéder aux articles du journal par l'intermédiaire du chatbot, ce dernier étant capable de répondre aux questions par de courts résumés d'articles du FT, avec des liens redirigeant vers FT.com.

Dans son communiqué, le quotidien britannique précise également être "devenu client de ChatGPT Enterprise plus tôt cette année, achetant un accès pour tous les employés de FT" en marge du partenariat rendu public cette semaine.

L'industrie des médias doit s'accorder avec l'IA

"Outre les avantages pour le FT, il y a des implications plus larges pour l'industrie. Il est juste, bien sûr, que les plateformes d'IA paient les éditeurs pour l'utilisation de leur matériel. OpenAI comprend l'importance de la transparence, de l'attribution et de la rémunération - autant d'éléments essentiels pour nous", a déclaré John Ridding, CEO du FT. Et il n'est pas le seul à avoir cette position.

Il s'agit du cinquième accord de ce type conclu par OpenAI au cours de l'année écoulée, après des accords similaires avec Associated Press (États-Unis), Axel Springer (Allemagne), Le Monde (France) et Prisa Media (Espagne). Pour chacun de ces accords, les conditions financières n'ont pas été divulguées.

Toutefois, il est précisé qu'Axel Springer devrait gagner des dizaines de millions d'euros par an en permettant à OpenAI d'accéder au contenu de ses publications telles que Bild, Politico et Business Insider. Cet accord comprend un paiement unique pour le contenu archivé du groupe de presse et une redevance plus importante versée dans le cadre d'un accord de licence annuel pour permettre à OpenAI d'accéder à des informations plus récentes.

Tous les médias ne sont pas du même avis face à OpenAI

OpenAI s'est cependant fait quelques ennemis depuis le lancement de son célèbre outil ChatGPT. En décembre 2023, The New York Times est devenu le premier grand groupe de presse américain à poursuivre OpenAI et Microsoft, arguant que les deux entreprises technologiques avaient bénéficié d'un "accès gratuit" à des millions d'articles pour développer les modèles qui sous-tendent ChatGPT. Le grand quotidien américain réclame des "milliards de dollars dommages" à OpenAI ainsi que la mise hors ligne des modèles alimentés par ses contenus.

Plus récemment, The New York Times a révélé qu'OpenAI a, au moyen de son outil de reconnaissance vocale Whisper, littéralement aspiré l'audio de millions d'heures de vidéos présentes sur YouTube afin de les transcrire et en faire des données exploitables pour l'entraînement de ses grands modèles de langage.

Le quotidien américain affirme ainsi que Whisper a plus ou moins été créé dans ce but afin d'accélérer le développement de GPT-4, ultime version qui alimente l'assistant conversationnel d'IA, ChatGPT. L'affaire a à peine fait du bruit et pour cause : la maison mère de YouTube, Google, a agi de la même sorte, et ne tient pas à ébruiter l'affaire, au risque de se trouver également mis en cause.

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