Après les sanctions américaines, Baidu commande des puces pour l'IA à Huawei

Le moteur de recherche chinois cherche des alternatives alors qu'il ne pourra bientôt plus acheter de GPU à Nvidia.

Baidu Ernie
Baidu Ernie

Comme toutes les entreprises chinoises, Baidu ne pourra bientôt plus acheter les cartes graphiques dédiées à l’intelligence artificielle de Nvidia. Mais le moteur de recherche, très actif dans le domaine de l'intelligence artificielle générative, a déjà anticipé l'entrée en vigueur, le 16 novembre, de ces nouvelles restrictions : selon l’agence Reuters, il a commandé 1.600 puces d’IA auprès de Huawei.

Jusqu’à présent, Baidu se fournissait quasiment exclusivement auprès de l'américain Nvidia, qui avait trouvé une parade pour contourner les restrictions d’exportations vers la Chine imposées à l’automne 2022 par Washington. Mais l’administration américaine vient de réagir en élargissant le champ d’application de ses sanctions.

Une puce lancée en toute discrétion 

Cela signifie que Baidu doit trouver une alternative pour continuer à accroître sa puissance de calcul, une nécessité pour entraîner et faire tourner les derniers modèles d'IA générative. Le groupe peut encore utiliser des plateformes de cloud étrangères, pour le moment épargnées par les restrictions américaines. Ou encore se servir de certaines cartes graphiques conçues pour d’autres usages.

A terme, la solution la plus pérenne sera de se fournir auprès de fabricants chinois de semi-conducteurs. Dans ce domaine, deux des start-up jugées les plus prometteuses, Biren Technology et Moore Threads, viennent d’être placées sur une liste noire par les Etats-Unis. Elles n’ont ainsi plus accès aux logiciels américains de design des GPU, ni aux chaînes de production du taïwanais TSMC.

Dans ce contexte, Huawei semble représenter le meilleur espoir pour la Chine. Le groupe de Shenzhen a lancé une première puce dédiée à l'intelligence artificielle en 2019. Et il aurait finalisé une deuxième version plus performante cet été. Les détails sont peu nombreux. Et pour cause, ces puces baptisées Ascend 910B n'ont jamais été dévoilées publiquement par Huawei.

Comparable à l'A100 de Nvidia ?

Selon les informations de Reuters, ces composants sont gravés en 7 nm, une finesse de gravure que commence à maîtriser SMIC, le premier fondeur du pays qui a déjà permis à Huawei de lancer fin août son premier smartphone 5G depuis 2020, date à laquelle la société avait, elle aussi, été placée sur la liste noire de Washington.

Les capacités des puces 910B sont "comparables avec celles des A100 de Nvidia", selon le patron d’iFlyTek, une société chinoise spécialisée dans la reconnaissance vocale et dans la traduction instantanée. Les GPU A100 ont longtemps été les plus utilisés dans le secteur, permettant par exemple d'entraîner les premières versions de GPT, le grand modèle de langage qui alimente le robot conversationnel ChatGPT. Ils ont depuis été supplantés par les H100, toujours conçus par Nvidia, plus chers mais aussi beaucoup plus puissants.

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