Lyon fait partie des villes françaises pionnières en matière de coworking. Dix-huit espaces de travail partagé, très différents dans leurs formes et leurs organisations, ont été créés ces dernières années dans l’agglomération. Une charte du réseau des espaces de coworking du Grand Lyon a été signée en 2014 par cinq lieux, à laquelle se sont ajoutés quatre autres espaces en 2016, en association avec Lyon French Tech.
Ces premières Assises du coworking ont permis d'esquisser un état des lieux du secteur, tout en engageant une réflexion commune pour l’avenir, avec des participants venus de toute la France.
Modèles coopératif, associatif, privé, en couveuse…
De la même façon que les profils des coworkers ne se ressemblent pas, les structures diffèrent. A Lyon, l’histoire du coworking remonte à 2011, suite à la création de l’Atelier des Médias, projet porté par une petite poignée de journalistes indépendants. Le projet s’est pérennisé, ouvert à d’autres métiers, toujours sur un mode associatif. Aujourd’hui, le lieu peut accueillir un peu plus d’une trentaine de coworkers simultanément sur un peu plus de 200 m2, et compte une soixantaine de membres actifs. L’originalité du lieu étant son autogestion (seule la personne en charge du nettoyage est salariée), tous les coworkers, répartis dans des pôles de gestion (recrutement, trésorerie, vie associative, relations publiques, vie quotidienne, événements, informatique…) sont donc bénévoles et responsables de leur espace de travail.
A sa suite, la Cordée s’est créée, la même année, en se développant sur quatre sites à Lyon, avant de s’exporter à Paris, Lamure-sur-Azergues, Annecy, Nantes et Rennes, comprenant désormais une dizaine de lieux à travers la France. Le modèle, privé, repose sur une équipe salariée (porte-voix, couteaux suisses) au service des coworkers.
Autre modèle présenté lors de ces assises, celui des "couveuses d’entreprises", qui aident à la création d’entreprise, mais aussi à la prospection et à l’organisation du travail. Le site Economique des Lacs (Haute-Savoie) en est l’illustration, associant à cette activité un coworking. Le cohoming, représenté par Cohome, est encore une autre façon de travailler, en partageant un espace chez soi avec d'autres travailleurs, privilégiant ainsi le cocooning à l’aspect bureau impersonnel.
Inventer de nouveaux modèles
D'autres modèles restent à inventer, notamment dans les territoires ruraux, sous-dotés en espaces de travail. L'une des réponses possibles serait de créer un réseau entre les coworkings urbains et les coworkings ruraux, ou encore de créer des espaces de travail dans les gares, comme l'expérimente la SNCF en Limousin.
Le modèle doit aussi s'ouvrir à de nouveaux publics, comme les demandeurs d'emploi. Le CAE (Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi) pourrait être activé comme levier complémentaire au coworking.
Une manière, pour cette forme de travail, de garder ses racines sociales. "Son succès s'explique notamment par l’empathie, la confiance la productivité et l’absence de hiérarchie", rappelait un intervenant lors des assises lyonnaises. A Lyon justement, Locaux Motiv’ est un tiers-lieu associatif fondé sur les principes de l'économie sociale et solidaire (ESS). Ecoworking, quant à lui, mise sur l’éco-responsabilité. Web Up, le Simone et Now Coworking (proposant 3000 m2 d’espace) ont ouvert plus récemment à Lyon… et d'autres devraient suivre.
Guillaume Bouvy


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