Six mois après le lancement de son premier robot conversationnel, Inflection AI annonce un nouveau grand modèle de langage. La start-up américaine promet un gain de performance, assurant dépasser PaLM 2, le modèle de Google qui alimente son chatbot Bard, et LLaMA 2, le modèle open source de Meta.
5000 GPU H200
Baptisé Inflection-2, ce modèle “démontre une connaissance factuelle nettement améliorée, un meilleur contrôle stylistique et un raisonnement considérablement amélioré” par rapport à son prédécesseur, explique la société. Il sera bientôt intégré à son chatbot Pi. Inflection AI explique avoir utilisé 5000 H100, les cartes graphiques dédiées à l’IA les plus performantes de Nvidia, pour l'entraînement de son modèle. La première version avait été développée avec des GPU A100, beaucoup moins puissants.
Inflection AI a été lancé l’an passé par Mustafa Suleyman, l’un des fondateurs de DeepMind, le spécialiste britannique en intelligence artificielle racheté en 2014 par Google. Il s’est notamment associé à Reid Hoffman, créateur de LinkedIn reconverti en investisseur, qui faisait notamment partie des personnalités de la Silicon Valley à l’origine d’OpenAI.
En mai, la start-up américaine a lancé Pi, pour “personal intelligence”. Celui-ci se positionne en rival direct de ChatGPT, le chatbot conçu par OpenAI. Pour se distinguer, Inflection AI promet une expérience plus personnalisée, assurant notamment être capable de détecter les émotions de l'utilisateur pour adapter ses réponses.
Levée de 1,3 milliard de dollars
Pi avait rejoint un marché en pleine effervescence, où s'affrontent déjà ChatGPT, le pionnier lancé l’an passé par OpenAI, Bard, la riposte de Google, ou encore Claude, de la start-up Anthropic (née d'un schisme au sein d'OpenAI). Le chatbot est accessible gratuitement sur Internet et par l’intermédiaire d’une application mobile (seulement iOS), mais aussi en lui envoyant des SMS et messages sur WhatsApp, Messenger et Instagram.
Dans la foulée, l’entreprise a levé 1,3 milliard de dollars, sur la base d'une valorisation de 4 milliards. Cette opération d'envergure est la troisième plus importante jamais menée par une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle générative, derrière les dix milliards levés début 2022 par OpenAI et les quatre milliards levés par Anthropic à l'automne.
Microsoft et Nvidia dans le capital
Ce nouveau tour de table a été mené par Microsoft, qui est aussi le premier actionnaire... d'OpenAI, et par Nvidia, dont les cartes graphiques sont utilisées dans l'entraînement des modèles d'IA générative. Trois personnalités ont également injecté des capitaux : Bill Gates, le fondateur de Microsoft, Eric Schmidt, l'ancien patron de Google, et... Reid Hoffman.
Interrogé par Forbes, Mustafa Suleyman avait reconnu qu'une partie de la somme a été accordée en crédits cloud, permettant à la start-up d'utiliser les capacités de puissance informatique de Microsoft - comme cela avait été le cas dans la levée de fonds d'OpenAI auprès du groupe de Redmond. "Un très, très gros morceau" a été apporté en liquide, assure-t-il.


![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
