Les dernières rumeurs parlaient d'une levée de fonds de 675 millions de dollars. Mais devant l'intérêt des investisseurs, Inflection AI a finalement levé 1,3 milliard, sur la base d'une valorisation de 4 milliards. Cette opération d'envergure, officialisée jeudi 29 juin, est la deuxième plus importante jamais menée par une start-up spécialisée dans l'intelligence artificielle générative, derrière les dix milliards levés début 2022 par OpenAI.
Inflection AI a été lancé l’an passé par Mustafa Suleyman, l’un des fondateurs de DeepMind, le spécialiste britannique d’intelligence artificielle racheté en 2014 par Google. Il s’est notamment associé à Reid Hoffman, le créateur de LinkedIn reconverti investisseur. Et qui faisait partie des personnalités de la Silicon Valley à l’origine d’OpenAI.
En mai, la start-up américaine a lancé son premier robot conversationnel développé par la start-up américaine. Baptisé Pi pour “personal intelligence”, il se positionne en rival direct de ChatGPT, le chatbot conçu par OpenAI. Pour se distinguer, Inflection AI promet une expérience plus personnalisée, assurant notamment être capable de détecter les émotions de l'utilisateur pour adapter ses réponses.
Microsoft et Nvidia investissent
Ce nouveau tour de table a été mené par Microsoft, qui est aussi le premier actionnaire... d'OpenAI, et par Nvidia, dont les cartes graphiques sont utilisées dans l'entraînement des modèles d'IA générative. Trois personnalités ont également injecté des capitaux : Bill Gates, le fondateur de Microsoft, Eric Schmidt, l'ancien patron de Google, et... Reid Hoffman.
Interrogé par Forbes, Mustafa Suleyman a reconnu qu'une partie de la somme a été accordée en crédits cloud, permettant à la start-up d'utiliser les capacités de puissance informatique de Microsoft - comme cela avait été le cas dans la levée de fonds d'OpenAI auprès du groupe de Redmond. "Un très, très gros morceau" a été apporté en liquidités, assure-t-il.
Accès limité en France
Pi rejoint un marché en plein effervescence, où s'affrontent déjà ChatGPT, le pionnier lancé l’an passé par OpenAI, Bard, la riposte de Google, ou encore Claude, de la start-up Anthropic. Le chatbot est accessible gratuitement sur Internet et par l’intermédiaire d’une application mobile (seulement iOS). Mais aussi en lui envoyant des SMS et messages sur WhatsApp, Messenger et Instagram.
Comme ChatGPT, Pi n’est pas connecté à Internet. Il ne peut pas répondre sur des événements intervenus après novembre 2022. S’il comprend le français, le robot ne répond pour le moment qu’en anglais. En outre, le service ne permet de réaliser que quelques requêtes avant d’exiger une inscription, qui nécessite un numéro de téléphone américain, britannique, australien ou canadien.
Erreurs factuelles
Dans les tests réalisés par L’Usine Digitale, Pi apparaît bien moins avancé que la dernière version de ChatGPT. Ses réponses sont beaucoup plus courtes, souvent limitées à un ou deux petits paragraphes. Ce qui n’empêche pas de nombreuses “hallucinations”: quasiment une ou plusieurs erreurs factuelles à chaque réponse. Inflection AI reconnaît d’ailleurs qu’il ne s’agit que d’une “première version” qui “peut faire des erreurs”.


![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
