Bruxelles se penche sur les algorithmes de recommandation de Youtube, TikTok et Snapchat

La Commission européenne demande aux trois plateformes des précisions sur les mesures mises en place pour respecter le Digital Services Act.
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Un peu plus d’un an après l'entrée en vigueur du Digital Services Act, la Commission européenne continue de réclamer des informations aux “très grandes plateformes” pour s’assurer qu’elles respectent bien cette nouvelle législation. Mercredi 2 octobre, elle a ainsi envoyé de nouvelles injonctions à YouTube, TikTok et Snapchat.

Risques d'amendes

Bruxelles demande aux trois entreprises des précisions sur “la conception et le fonctionnement” de leurs algorithmes de recommandation. Elles devront s'exécuter avant le 15 novembre. Bruxelles décidera alors des “prochaines étapes”, comme l’ouverture d’une procédure formelle pouvant déboucher sur une amende allant jusqu’à 6% du chiffre d'affaires mondial.

Dans le cadre du DSA, les plateformes doivent “évaluer et atténuer de manière adéquate les risques découlant de leurs systèmes de recommandation”, rappelle la commission européenne. Cela comprend les risques pour la santé mentale des utilisateurs, la diffusion de contenus nocifs ou la propagation de fausses informations.

Bruxelles demande ainsi à YouTube et à Snapchat de lui fournir des informations détaillées sur les paramètres utilisés par leurs algorithmes pour recommander du contenu aux utilisateurs. Elle souhaite aussi en savoir plus sur les mesures mises en place pour lutter contre les risques liés au processus électoral et au bien-être mental des utilisateurs. Et sur leurs outils pour limiter la propagation de contenus illégaux, tels que la promotion de drogues et les discours de haine.

TikTok déjà poursuivi

De son côté, TikTok devra fournir des détails sur ses mesures pour éviter la manipulation de sa plateforme par des acteurs malveillants et pour réduire les risques liés aux élections et au pluralisme des médias. En février, la Commission avait déjà ouvert une procédure formelle contre la filiale du groupe chinois ByteDance, lui reprochant notamment de stimuler les dépendances comportementales et de ne pas assez protéger la vie privée des mineurs.

À ce jour, TikTok est la seule des 25 “très grandes plateformes”, qui comptent plus de 45 millions d’utilisateurs actifs sur le continent, à être poursuivie par Bruxelles. Facebook, Instagram, X ou encore Aliexpress ont aussi fait l’objet de demandes d’informations.

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