Au début du mois, Intel a annoncé revoir sa stratégie. Et pour cause : les résultats sont loin d'être au beau fixe, les activités les moins rentables pesant sur son bilan financier. Cette semaine, la firme américaine a donné des nouvelles de sa santé, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle n'est pas en pleine forme.
Un accord avec le ministère américain de la Défense
Elle a officiellement obtenu des subventions fédérales allant jusqu'à 3,5 milliards de dollars pour fabriquer des semi-conducteurs pour le ministère américain de la Défense, a rapporté Bloomberg, citant des personnes proches du dossier. "En tant que seule entreprise américaine à concevoir et à fabriquer des puces logiques de pointe, Intel contribuera à sécuriser la chaîne d'approvisionnement nationale en puces et collaborera avec le DoD pour améliorer la résilience des systèmes technologiques américains en proposant des solutions sécurisées et de pointe", a déclaré la firme.
Un accord contraignant a été conclu avec des responsables américains. Ce programme secret, baptisé "Secure Enclave", vise à établir une production de puces avancées destinées à des applications militaires et de renseignement. Le financement soutiendra les installations en Arizona et dans d'autres Etats américains.
D'ores et déjà partenaires, Amazon Web Services (AWS) et Intel renforcent leur partenariat. Cela comprend un co-investissement dans des conceptions de puces personnalisées et un contrat pluriannuel de plusieurs milliards de dollars couvrant les produits et les wafers d'Intel. Dans le détail, la branche Foundry produira une puce AI Fabric pour AWS sur Intel 18A. "Nous produirons également une puce Xeon 6 personnalisée sur Intel 3 qui s'appuiera sur notre partenariat existant, dans le cadre duquel Intel produit des processeurs Xeon Scalable pour AWS".
Des projets d'usine retardés en Allemagne et en Pologne
"Depuis l'annonce des résultats du deuxième trimestre, tous les regards sont tournés vers Intel. Les rumeurs et les spéculations sur l'entreprise ne manquent pas, notamment lors de la réunion du conseil d'administration de la semaine dernière. Je vous écris donc aujourd'hui pour vous fournir quelques informations et vous présenter les prochaines étapes", écrit Pat Gelsinger, CEO de l'entreprise, dans un communiqué. Et les nouvelles ne sont pas forcément bonnes pour tous. Ainsi, l'activité Foundry prend son envol en tant que filiale indépendante.
"Cette structure de gouvernance viendra compléter le processus que nous avons initié plus tôt cette année lorsque nous avons séparé le compte de résultat et les rapports financiers d'Intel Foundry et d'Intel Products", précise son CEO. Une annonce qui apporte son lot de changements. Les projets dévoilés plus tôt en Pologne et en Allemagne sont suspendus pendant environ deux ans en fonction de la demande anticipée du marché, apprend-on. Un manque à gagner d'environ 35 milliards de dollars.
Concernant d'autres régions du monde où Intel est présent, la firme explique que "la Malaisie reste un pôle de conception et de fabrication actif grâce à nos opérations existantes" et prévoit d'achever la construction de sa dernière usine dans le pays, mais ne donne pas de date quant à sa mise en service. De même, aucun changement n'est prévu concernant ses autres sites de production, notamment en Arizona, en Oregon, au Nouveau-Mexique et dans l'Ohio.
Une simplification du portefeuille
Au-delà de ce changement de calendrier pour l'Europe, le fondeur compte simplifier son portefeuille. Cela comprend le transfert de ses activités Edge et Automotive vers CCG – l'occasion de tirer parti de son activité principale et de s'imposer dans la catégorie des PC IA. Dans NEX, la firme prévoit de concentrer ses activités sur les réseaux et les télécommunications. Enfin, elle transférera les solutions photoniques intégrées vers DCAI.
La trésorerie du groupe se voit par ailleurs légèrement allégée après la vente d'une partie de sa participation dans Altera. Le sujet était revenu à plusieurs reprises dans les discussions ces derniers mois, ce n'est donc pas une surprise. Enfin, son objectif de réduction des effectifs semble sur la bonne voie.
"Grâce à nos offres de départs volontaires à la retraite anticipée et de départs à la retraite, nous avons déjà atteint la moitié de notre objectif de réduction des effectifs, soit environ 15 000 personnes d'ici la fin de l'année". D'autres départs devraient suivre, les employés concernés seront informés à la mi-octobre. En outre, Intel prévoit de réduire son parc immobilier mondial et céder environ les deux tiers d'ici la fin de l'année.


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