"La guerre du gouvernement Biden contre les cryptos est finie." C'est ainsi que la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a annoncé, jeudi 23 octobre, la décision de Donald Trump d'amnistier Changpeng Zhao, le fondateur et ex-patron de la plateforme d'échange de cryptomonnaies, Binance. Après avoir plaidé coupable en 2023 d'infractions liées au blanchiment d'argent et été contraint de démissionner de son entreprise tout en gardant ses parts, ce Chinois d'origine surnommé "CZ" avait été condamné en avril 2024 et avait purgé une peine de quatre mois de prison.
"Aider l'Amérique à devenir la capitale de la crypto"
Les faits reprochés à Binance, sur lesquels les autorités américaines avait enquêté durant plusieurs années, étaient particulièrement graves. La plateforme pouvait en effet être utilisée par des personnes vivant dans des pays, comme l'Iran, soumis à des sanctions économiques de la part des Etats-Unis, et par des groupes terroristes tels que le Hamas, Al-Qaïda et l'État islamique. Des centaines de millions de dollars ont ainsi transité illégalement via Binance, sans que l'entreprise ne mette en place de systèmes de conformité suffisamment efficaces.
Sorti de prison en septembre 2024 et désormais citoyen des Emirats arabes unis, Changpeng Zhao a salué la décision du président des Etats-Unis de l'amnistier. Dans une publication sur le réseau social X, il s'est dit "profondément reconnaissant pour la grâce d’aujourd’hui et envers le président Trump pour avoir maintenu l’engagement de l’Amérique en faveur de l’équité, de l’innovation et de la justice". Celui qui pourrait désormais tenter de reprendre le contrôle de Binance et repartir à la conquête du marché américain a d'ailleurs fait part de son intention de faire tout son possible "pour aider l'Amérique à devenir la capitale de la crypto".
Des accusations de "corruption"
Il faut dire que Donald Trump fait tout, depuis sa réélection, pour favoriser le secteur des cryptomonnaies et ses patrons. Comme le note le quotidien américain The New York Times, Arthur Hayes, un autre crypto-entrepreneur anciennement à la tête de la plateforme BitMEX, a lui aussi été gracié par le président républicain, en mars, après une condamnation en 2022. "Bienvenue au club", a-t-il tweeté jeudi à l'attention de Changpeng Zhao. En janvier, Ross Ulbricht, fondateur de la plateforme illégale Silk Road, via laquelle transitaient toutes sortes de drogues en l'échange de monnaies virtuelles, a aussi été amnistié par Donald Trump.
Le pardon accordé à Changpeng Zhao n'est donc pas un événement isolé. Pour certains sénateurs américains, y compris issus de la famille politique de Donald Trump, il est un "mauvais signal", comme l'a décrit dans Axios l'élu républicain Thom Tillis. Dans un communiqué, la démocrate Elizabeth Warren est même allée jusqu'à parler de "pression pour obtenir une amnistie" et de "corruption", en référence au partenariat qui lie World Liberty Financial, la société de crypto des familles Trump et Witkoff (du nom de l'envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient), et Binance, qui a investi dans cette dernière 2 milliards de dollars (1,72 milliard d'euros) en mai dernier.


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