La start-up parisienne Cure51, spécialisée dans la collecte et l’analyse de données de patients atteints du cancer, a annoncé le 20 mars avoir réalisé une levée de fonds de 15 millions d’euros en seed. Le tour de table a été mené par la société française de capital-risque Sofinnova Partners, avec le soutien de l’homme d’affaires Xavier Niel et du CEO de Datadog Olivier Pomel, ainsi que des sociétés de capital-risque Hitachi Ventures et Life Extension Ventures.
Plus de 1300 patients identifiés à ce jour
Cure51 a pour objectif de constituer une base de données de “miraculés” du cancer, soit des malades diagnostiqués en phase terminale de cancers très agressifs, qui ont survécu. “Chaque année, partout dans le monde, 1 à 2% des patients survivent”, explique Nicolas Wolikow, cofondateur et CEO de Cure51, également fondateur de la plateforme de téléconsultation Qare. Pour l’heure, la start-up se concentre sur les cancers du pancréas, du glioblastome (cancer cérébral) et du poumon à petites cellules. “Ce sont les cancers les plus agressifs, parmi lesquels le paysage thérapeutique n’a presque pas évolué depuis vingt ans, poursuit Nicolas Wolikow. Ce sont les mêmes lignes de traitement, les mêmes chimiothérapies.”
Pour mettre au point sa base de données, la start-up a identifié les patients, plus de 1300 à ce jour, en constituant un réseau de 50 hôpitaux à travers le monde (dans tous les pays d’Amérique Latine, mais aussi au Pakistan, au Vietnam, au Mozambique…). Quatre d’entre eux ont participé à la création de Cure51, en mars 2022 : l’Institut Gustave-Roussy à Paris, le centre Léon-Bérard à Lyon, la charité Universitätmedizin à Berlin, et l’hôpital Vall d’Hebron à Barcelone. La jeune pousse a conclu un accord de partage des revenus avec l’ensemble des hôpitaux, qui se répartiront 10% des futurs revenus de la société. Le premier volet de sa plateforme technologique, consacrée à la collecte de données, est opérationnel.
Rapatrier les données du monde entier
Avec cette levée de fonds, Cure51 souhaite commencer à rapatrier les données, opération coûteuse et fastidieuse, complexifiée par les différentes législations sur la propriété intellectuelle. Les données cliniques des patients seront récupérées, comme les lignes de traitement que le patient a suivi, les médicaments qu’il a pris, les comptes-rendus de consultation, etc., de même que les données biologiques (analyses de sang) et les données d’imagerie.
“Derrière, nous allons les encapsuler dans une base de données propriétaire, avec une structuration et normalisation de la donnée, explique Nicolas Wolikow. Ce qui est compliqué, c’est de rapatrier des tissus : il faut l’accord des autorités locales pour pouvoir les faire sortir du pays et les assurer.” Les grands transporteurs, comme UPS ou DHL, possèdent des filiales spécialisées en transport de tissus mais dans certains pays, ces opérations n’ont jamais eu lieu. La start-up estime avoir besoin de 18 mois pour rapatrier toutes les données et les encapsuler dans la base de données, avec une nomenclature commune.
La jeune pousse assure elle-même le séquençage moléculaire
La start-up va ensuite analyser toutes les couches d’ADN, d’ARN, du génome et des cellules, pour essayer de comprendre pourquoi ces patients ont survécu. “Nous assurons nous-même le séquençage moléculaire de leur cohorte, explique le CEO de Cure51. Pour des centres de pays émergents qui n’ont pas accès à cette technologie, c’est un facteur important.” Ce séquençage moléculaire sera réalisé en haute résolution, permettant une analyse infracellulaire et noter les interactions entre la cellule et son environnement. La jeune pousse effectuera enfin un travail scientifique, afin d’identifié des “signatures” ou “ensembles moléculaires cohérents”, expliquant les raisons pour lesquelles certaines personnes arrivent à vaincre la maladie.
À terme, la start-up souhaite également augmenter le nombre d’hôpitaux avec qui elle travaille, et conclure des partenariats pour que des médicaments soient développés. “Si, demain, la technologie est éprouvée, nous pourrons partir sur d’autres indications, conclut Nicolas Wolikow. Nous pourrons même envisager d’autres maladies, à partir du moment où il y a des survivants, comme les maladies neurodégénératives ou les maladies rares.”


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