Databricks lève 10 milliards de dollars et obtient un crédit de 5,25 milliards de dollars

La somme est astronomique (il s'agit de l'une des plus grandes levées de fonds jamais réalisées), la valorisation aussi. Surtout quand l'on sait que l'entreprise, aussi connue sur le marché du "data lakehouse" soit-elle, n'est toujours pas rentable. La faute entre autres à ses nombreuses acquisitions de start-up.

Databricks présent à AWS re:invent 2024
Databricks présent à AWS re:invent 2024

Mise à jour le 22 janvier 2025 : Databricks a confirmé publiquement la clôture d’un tour de financement en Série J à hauteur de 10 milliards de dollars. Les investisseurs ayant participé sont les suivants : QIA, le fonds souverain de l'État du Qatar, Temasek et des entités administrées par Macquarie Capital. Meta a également rejoint Databricks en tant qu'investisseur stratégique. Le spéicaliste du data lakehouse prévoit d'investir ce capital dans de futurs produits IA, des acquisitions et l'expansion de ses opérations commerciales internationales. Une partie de ce capital sera également utilisée pour fournir des liquidités aux employés actuels et anciens et pour régler les taxes correspondantes.

En complément, Databricks a obtenu un financement par crédit de 5,25 milliards de dollars mené par JPMorgan Chase, avec la participation de Barclays, Citi, Goldman Sachs, et Morgan Stanley. La facilité de crédit comprend un emprunt renouvelable non financé de 2,5 milliards de dollars et un prêt à terme de 2,75 milliards de dollars.

Article original : La rumeur courait depuis longtemps, elle est désormais confirmée. Le spécialiste du data lakehouse mène une levée de fonds de taille : 10 milliards de dollars de financement non dilutif levés et 8,6 milliards de dollars déjà récoltés à ce jour. Cette série J valorise Databricks à 62 milliards de dollars. Le tour de table a été mené par six entreprises : 5 actionnaires existants (Andreessen Horowitz, DST Global, GIC, Insight Partners et WCM Investment Management) et un nouveau venu (Thrive Capital).

Une OPA secondaire avant l'IPO

Parmi les autres investisseurs figurent l'actionnaire historique Ontario Teachers’ Pension Plan ainsi que de nouveaux entrants, dont ICONIQ Growth, MGX, Sands Capital et Wellington Management. "Cette levée de fonds a été largement sursouscrite", s'est félicité Ali Ghodsi, cofondateur et CEO de Databricks. D'après TechCrunch, les fonds proviendraient en grande partie d'une offre publique d'achat secondaire, c'est-à-dire que des actionnaires existants de Databricks (y compris ses employés) ont revendu une partie de leurs actions.

Ce type d'opération se rapproche plus de l'entrée en bourse que de la levée de fonds classique, la différence étant que seuls certains des actionnaires sont rémunérés. La question de l'IPO se pose aujourd'hui plus que jamais pour Databricks, et n'est clairement qu'une question de temps.

En quête de rentabilité depuis 2013

Si l'entreprise a connu une croissance accélérée - plus de 60% pour le troisième trimestre par rapport à l'année précédente - elle n'est toutefois toujours pas rentable. Elle espère dégager pour la première fois un flux de trésorerie positif pour son quatrième trimestre (clos au 31 janvier 2025) et vise un revenu annuel dépassant les 3 milliards de dollars.

Les derniers trimestres ont été particulièrement bons, principalement en raison de l'intérêt croissant des entreprises pour l'intelligence artificielle. Cependant, pour suivre la cadence, Databricks doit poursuivre ses investissements "dans de nouveaux produits d'IA, des acquisitions et l’expansion de ses opérations internationales". A date, la société affirme par ailleurs qu'elle compte plus de 500 clients générant chacun plus de 1 million de dollars de revenus annuels.

Une stratégie d'acquisitions à la chaîne

Ces dernières années, Databricks a mené une stratégie d'acquisitions d'entreprises, notamment des start-up pour renflouer son portefeuille de solutions et ainsi éviter de développer soi-même certaines d'entre elles. Rien que cette année, elle a mis la main sur trois entreprises : Einblick, Lilac AI et Tabular.

La dernière est d'ailleurs considérée comme un pied de nez fait à son plus proche concurrent : Snowflake. La jeune pousse fournit en effet une plateforme de stockage et de gestion des données capable de rivaliser avec Polaris Catalog, solution similaire développée en interne par Snowflake et dévoilée en juin dernier lors de sa conférence annuelle.

L'année 2023 a été marquée par le même rythme d'acquisitions, Databricks ayant notamment racheté MosaicML pour la modique somme de 1,3 milliard de dollars. Le montant avait surpris, et pour cause : le prix d'achat était six fois supérieur à la dernière valorisation de la start-up. Pour mémoire, MosaicML permet aux entreprises d’entraîner des grands modèles de langage avec leurs propres données.

Si aujourd'hui, Databricks semble avoir une palette entière de solutions à disposition de ses clients, il n'en reste pas moins qu'elle tarde à se faire une place sur le marché de l'IA. Sa Data Intelligence Platform, décrite comme une plateforme pour "démocratiser l'accès aux données et à l'IA", est construite sur des formats de données ouverts, avec pour point fort l'optimisation des coûts et de la gestion des risques. C'est pourquoi elle doit autant investir pour rester compétitive face à la concurrence.

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