Afin de rassurer ses utilisateurs européens, Google a annoncé une série de protections supplémentaires en matière de sécurité des données. Cette initiative, rapportée par le Financial Times, intervient alors que les critiques se multiplient face au risque croissant que la dépendance européenne aux technologies américaines soit instrumentalisée comme un levier de pression dans les négociations commerciales avec les Etats-Unis.
Des tests de sécurité supplémentaires
Dans le détail, Google propose un nouveau "bouclier" permettant d'effectuer des tests de sécurité supplémentaires pour les applications clients. Il s'agit d'une extension de l'offre "Google Cloud Data Boundary", qui permet aux clients de stocker leurs données au sein de data centers installés dans l'Union européenne.
Pour les secteurs sensibles, tels que la défense et le renseignement, la société américaine propose une solution "air-gapped", garantissant que les données des clients ne sont pas connectées à d'autres réseaux. En guise d'exemple, elle cite son partenariat avec Thales, dans le cadre de S3NS, sa coentreprise avec l'industriel français, afin de garantir " le respect des exigences plus strictes en matière de protection des données". Google a annoncé le lancement prochain d'un accord similaire en Allemagne.
La souveraineté n'est plus réservée aux secteurs sensibles
Sans nommer le président Donald Trump directement, Hayete Gallot, présidente de l'expérience client chez Google, a déclaré que les tensions mondiales "créaient de l'anxiété dans le monde" et que les clients "recherchaient des options pour gérer leur entreprise". Elle a ajouté que la souveraineté, autrefois une préoccupation de niche pour des industries très réglementées comme la défense et le renseignement, est désormais une considération pour tous.
Cette initiative de Google fait écho aux récentes annonces de Microsoft. Son président Brad Smith avait présenté une série d'engagements, parmi lesquels le doublement des data centers ainsi que l'ouverture d'un centre d'administration européen. Or, ces discours sont purement commerciaux. En effet, les lois américaines continuent de s'appliquer aux données hébergées dans les data centers des sociétés américaines, en vertu du CLOUD Act en particulier.
Pour se protéger, le gouvernement relance le "cloud souverain"
Face au climat tendu, le gouvernement français a relancé le vaste chantier du "cloud souverain", par le biais d'un énième appel à projets, du lancement d’une mission de préfiguration d’un Observatoire de la souveraineté numérique, ainsi que de la mobilisation du Comité stratégique de filière (CSF) "Logiciels et Solutions Numériques de confiance".
Il reste à savoir si les paroles seront suivies d’actes. Combien d'organisations, inquiètes des conséquences potentielles de la guerre commerciale relancée par Donald Trump, iront jusqu’à migrer leurs systèmes vers des solutions cloud françaises ou européennes ? Aujourd’hui, Amazon Web Services (AWS), suivi par Google Cloud Platform (GCP) et Microsoft Azure, dominent largement le marché européen. Les fournisseurs tricolores restent distancés, peinant à combler leur retard face à des hyperscalers américains, malgré un regain d’intérêt pour la souveraineté numérique.


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