Vidéo

Hexagon lance Aeon, un robot humanoïde pour l'industrie

Le robot humanoïde du groupe suédois est capable de manipuler et trier des objets, d'inspecter des équipements et même de numériser des pièces avec des scanners haut de gamme. En utilisant l'application Isaac Sim de Nvidia, Hexagon a pu faire passer la maîtrise des compétences de locomotion d'Aeon de plusieurs mois à quelques semaines.

Robot Hexagon Aeon
Robot Hexagon Aeon

Répondre à la pénurie de main d'œuvre pour des tâches répétitives et sujettes aux erreurs : c'est la mission que s'est donnée le groupe industriel suédois Hexagon, avec son robot humanoïde Aeon. Présenté le 17 juin à l'occasion de sa conférence annuelle, cet appareil est destiné à être utilisé pour de nombreuses applications industrielles, de la manutention d'objets à leur inspection, en passant par la numérisation de pièces.

Un robot capable d'inspecter des pièces pour en détecter les défauts

“Aeon est conçu pour effectuer une grande variété de tâches, de la sélection d'objets spécifiques et de la numérisation de composants industriels pour inspection à la création de jumeaux numériques via la capture de la réalité numérique”, explique le groupe dans un communiqué. Les données collectées via la capture de la réalité peuvent ensuite être visualisées sous formes de modèles 3D directement via le cloud, à travers la solution “RCS” d'Hexagon.

Le robot, qui se déplace jusqu'à 8,5 km/h, peut manipuler et trier des pièces dans différents environnements industriels, vérifier des objets pour en détecter les défauts et réaliser des tâches techniques complexes, comme la numérisation de pièces grâce à des scanners de haute précision.

Hexagon affirme sur son site que son robot est conscient du monde qui l'entoure et peut s'adapter à un changement d'environnement. “Nous appliquons l'intelligence artificielle à notre suite de capteurs multimodaux et à notre système de contrôle de mission pour déterminer en temps réel ce qui compte le plus et comment mener à bien la tâche”, ajoute Hexagon.

Un système d'échange automatique de batteries

Mesurant 1,65 mètre de haut et pesant 60 kg, Aeon dispose d'une charge utile de 15 kg, ramenée à 8 pour des opérations au long cours. L'une des principales innovations réside dans le fonctionnement du robot : un système automatique d'échange de batteries permet à l'appareil d'être activé en continu, chaque charge prenant 4 heures maximum. Hexagon prévoit de déployer Aeon dans les secteurs de l'automobile, de l'aéronautique, de la fabrication, de la logistique et du transport.

Pour mettre au point le produit, Hexagon s'est appuyé sur plusieurs solutions Nvidia, en utilisant son architecture à trois ordinateurs. Cette dernière comprend à la fois des supercalculateurs IA pour l'entraînement des modèles, la plateforme Omniverse pour tester et simuler ces modèles dans des environnements mêlant données réelles et générées, et la plateforme IGX Thor pour l'exécution des modèles.

Des accords passés avec Schaeffler et Pilatus

En particulier, le groupe suédois a eu recours à Isaac Sim, l'application de simulation robotique basée sur Omniverse, sur des actions de locomotion, de navigation et de manipulation. Ces techniques sont ensuite affinées à l'aide d'un framework basée sur l'apprentissage par renforcement (RL). “Cette approche axée a permis à Hexagon d'accélérer son développement robotique, permettant à Aeon de maîtriser les compétences de base en matière de locomotion en seulement 2 à 3 semaines – plutôt qu'en 5 à 6 mois – avant le déploiement dans le monde réel”, assure Nvidia.

Hexagon n'a pas donné de calendrier sur le déploiement de ses robots et sur le nombre d'appareils concernés. Le groupe indique en revanche avoir conclu des accords avec l'allemand Schaeffler – spécialisé dans les composants de précision pour l'automobile et l'aéronautique – et le constructeur aéronautique suisse Pilatus. Les deux industriels prévoient d'expérimenter Aeon pour des usages de capture de la réalité, de manipulation et d'inspection de pièces ainsi que de surveillance des machines.

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.