La start-up Helsing, considérée comme une championne des levées de fond, vient de boucler un financement de 450 millions d'euros lors d'un financement en série C. Elle totalise ainsi 770 millions d'euros levés et porte sa valorisation à 4,95 milliards d'euros, comme le rapporte Bloomberg. Le tour de table a été mené par General Catalyst, aux côtés d'Accel, Elad Gil, Lightspeed, Plural and Greenoaks. Connue pour sa plateforme de traitement de l'information en temps réel grâce à l'IA, cette jeune société s'est fait un nom dans le secteur de la défense.
Le travail d'Helsing consiste à transformer les données non structurées des capteurs en informations de qualité sur lesquelles les gouvernements peuvent s'appuyer. Sa plateforme "vise à fournir l'image la plus claire possible dans n'importe quel environnement opérationnel". Pour assurer son développement, la start-up n'a d'ailleurs pas hésité à recruter des pointures en la personne d'Antoine de Braquilanges, passé par Palantir et Amazon Web Services, et d'Antoine Bordes, ancien co-managing director des laboratoires d'IA de Meta.
Un investissement concentré sur le développement de produits et la R&D
Ces capitaux seront investis dans le développement de produits et la R&D. L'accent sera mis en particulier sur les capacités visant à renforcer la souveraineté européenne, et notamment la protection du flanc est de l'OTAN, à l'heure de la guerre opposant la Russie à l'Ukraine. Elle prévoit ainsi d'ouvrir une entité en Estonie, venant s'ajouter à la liste de celles établies à Paris, Londres, Munich et Berlin.
"La sécurité européenne est à un carrefour et Helsing jouera un rôle déterminant en donnant aux sociétés démocratiques la capacité de dissuader et de se défendre. Mais la rapidité est essentielle. Cette nouvelle levée de fonds nous permet d'accélérer le tempo et d'investir à grande échelle dans tous les domaines", ont indiqué dans une déclaration commune les trois fondateurs de la société Niklas Köhler, Torsten Reil et Gundbert Scherf.
"L'objectif stratégique d’Helsing est de renforcer la souveraineté européenne pour l'amélioration des capacités de défense par l’IA", commente Denis Mercier, ancien chef d’état-major de l’armée de l’Air, ancien commandant suprême allié pour la transformation de l’OTAN et administrateur d’Helsing. Et dans cette bataille pour la souveraineté, il semble que l'Hexagone soit en tête de peloton. "La France a fait de ce sujet un axe majeur du renforcement de ses capacités", ajoute Denis Mercier. Un point également soulevé par Bertrand Rondepierre, directeur de l'Agence ministérielle pour l'IA de défense (AMIAD), lors du Forum Teratec 2024. Il est notamment revenu sur le pourquoi et comment de la création de cette agence, soulignant la nécessité de "se donner une souveraineté sur les piles technologiques de l'IA".
De beaux contrats décrochés en l'espace de quelques années
Depuis sa création en 2021, l'entreprise a parcouru du chemin. Elle a ainsi obtenu une série de contrats gouvernementaux, notamment la mise à niveau du système de guerre électronique de l'Eurofighter (avec son partenaire Saab AB), le déploiement de l'infrastructure d'IA pour le système aérien de combat futur (FCAS, avec le consortium HIS formé par l'allemand SSE et l'américain IBM), ainsi qu'un certain nombre de contrats dans les domaines maritime et terrestre.
Helsing est également présent en Ukraine depuis 2022 - soit à peine un an après son lancement - l'industriel Nexter a en effet fait appel à la start-up pour améliorer la précision des tirs de son canon automoteur Caesar. Plus récemment, la jeune pousse a rejoint l'Alliance des industriels de défense, une initiative du gouvernement ukrainien à laquelle ont d'ores et déjà adhéré 13 entreprises du secteur.


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