La compétition aux neurotechnologies est bel et bien relancée. Synchron, concurrente de la société de puces cérébrales d’Elon Musk, Neuralink, a déclaré qu’elle se préparait à recruter des patients pour un essai clinique à grande échelle, soit la dernière étape avant la commercialisation. L’annonce a été faite le 8 avril par Thomas Oxley, directeur général du groupe. Une course aux neurotechnologies d’autant plus importante que, parmi les investisseurs de Synchron, se trouvent… les milliardaires américains Jeff Bezos et Bill Gates.
Un registre en ligne pour le recrutement lancé cette semaine
En juillet 2021, peu de temps après avoir levé 40 millions de dollars, Synchron avait reçu le feu vert de la FDA américaine pour démarrer un essai clinique sur un groupe de six patients atteints de paralysie sévère, qui ont bien reçu l’implant. La start-up new-yorkaise a affirmé qu’elle comptait lancer dès cette semaine un registre en ligne pour recruter les dizaines de patients nécessaires, alors qu’environ 120 centres d’essais cliniques ont, selon Thomas Oxley, proposé leur concours. “Une partie de ce registre vise à permettre aux médecins de s’adresser aux patients souffrant de troubles moteurs, a affirmé le CEO. Il y a beaucoup d’intérêt, et nous ne voulons pas qu’il y ait un goulot d’étranglement avant l’étude que nous allons mener”.
Plus concrètement, cette étape vise à analyser les données américaines, pour organiser une étude à plus grande échelle en attendant l’autorisation de la FDA, mais la date n’est pas encore publiquement connue. Synchron souhaite aussi intégrer à son programme des patients présentant d’autres maladies, comme ceux paralysés suite à une sclérose latérale amyotrophique (ALS), un AVC ou à une sclérose en plaques. Elle souhaite continuer de travailler avec des universités de renom, telles que celles de Buffalo, Pittsburgh et du Mont Sinaï à New York (États-Unis).
Elon Musk multiplie les annonces
Cette annonce intervient alors que Neuralink, start-up concurrente d’Elon Musk, multiplie les avancées technologiques sur ses implants cérébraux. Fin janvier, le milliardaire américain avait annoncé la pose d’un premier implant cérébral sur un patient humain. Un mois plus tard, il avait affirmé que ce premier patient était capable de contrôler une souris d’ordinateur par la pensée.
La start-up avait ensuite diffusé une vidéo dans laquelle un patient de 29 ans, tétraplégique suite à un accident de plongée, jouait aux échecs sur son ordinateur "par la pensée", avec un implant cérébral. Elon Musk s’intéresse à d’autres utilisations, parfois ambitieuses, de ses implants cérébraux, pour guérir certaines maladies psychiatriques, ou même permettre aux aveugles de recouvrer la vue.
La France pas en reste
En dehors de cette rivalité entre milliardaires américains, la France cherche également à développer une interface cerveau-machine. C’est le cas de l’institut grenoblois Clinatec, dont des chercheurs ont présenté, en 2019, un implant permettant à un patient tétraplégique de 28 ans de se déplacer en contrôlant un exosquelette par la pensée.


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