Elon Musk a annoncé lundi 29 janvier que la start-up Neuralink, qu’il a cofondé en 2016 et qui développe des interfaces cerveau-machine, avait posé avec succès son premier implant cérébral sur un humain. “Les premiers résultats montrent une détection prometteuse des pics d’activités des neurones”, écrit-il sur son réseau social X (ex-Twitter). L’opération aurait eu lieu dimanche, et Elon Musk affirme que le patient concerné “se rétablit bien”.
Concrètement, la puce cérébrale de Neuralink est composée de 1 024 électrodes réparties sur 64 fils “ultra-flexibles”. Une fois l’implant réalisé, ces électrodes recueillent des données sur l’activité neuronale liée aux mouvements, qui sont ensuite renvoyées aux ordinateurs de Neuralink.
Le patron de SpaceX et de Tesla a également annoncé le nom du premier produit Neuralink : “Telepathy”. Selon lui, le produit permettrait de “contrôler son téléphone ou son ordinateur […] simplement par la pensée”, en laissant la priorité aux personnes ayant perdu l’usage de leurs membres. “Imaginez que Stephen Hawking puisse communiquer plus rapidement qu’un dactylo ou un commissaire-priseur. C’est l’objectif”, ose même Elon Musk, en référence au physicien atteint de la maladie de Charcot, décédé en 2018.
Une réussite… malgré les critiques
L’implant cérébral, de la taille d’une pièce de monnaie, avait déjà été testé en 2021 dans le cerveau d’un macaque, qui avait réussi à jouer au jeu vidéo “Pong” sans manette ni clavier. Malgré cette réussite, 1 500 animaux seraient morts lors d’expérimentations menées depuis 2018 (singes, cochons, moutons, rongeurs), selon des révélations de Reuters en décembre 2022. En cause notamment, le recours à des séries de tests, plutôt que des tests individuels, entraînant de fait un nombre de décès plus important. Des actes ayant valu à la société américaine d’être visée par une enquête fédérale, pour avoir enfreint la loi sur la protection animale.
En mai dernier, la start-up californienne a toutefois obtenu le feu vert de la Food and Drug Administration, agence américaine de régulation des denrées alimentaires et médicaments. En août et novembre, elle a levé au total 323 millions de dollars, tout en commençant à recruter ses premiers patients.
Une opération loin d’être inédite
Même si Elon Musk se félicite de l’opération chirurgicale réalisée par sa start-up, la pose d’un implant cérébral sur un patient humain n’est pas une première. En 2019, des chercheurs français de l’institut Cinatec avaient présenté un implant, en l’occurrence une neuroprothèse, permettant à un patient tétraplégique de se déplacer, en contrôlant un exosquelette par la pensée.
En septembre 2023, l’entreprise néerlandaise Onward avait présenté son test de couplage d’un implant cérébral à un autre implant stimulant la moelle épinière, toujours à destination des patients tétraplégiques.
En plus de vouloir faire remarcher les patients paralysés, Neuralink ambitionne de permettre aux aveugles de recouvrer la vue, et même de guérir de maladies psychiatriques. Elon Musk souhaite enfin démocratiser son implant et le rendre accessible à tous. Selon lui, le fait de mieux communiquer avec les ordinateurs serait un moyen de contenir “le risque pour notre civilisation” que représente l’intelligence artificielle.


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