Le plan de restructuration d’Intel dans le monde touche la France. Et l’impact s’annonce terrible : fermeture à terme de cinq centres de R&D et suppression de 750 emplois, soit près de trois quarts des effectifs du groupe américain dans l’Hexagone. C’est-ce que la direction a annoncé lors de deux CE extraordinaires qui se sont tenus simultanément, l’un à Paris, l’autre à Sophia Antipolis, le 28 juin 2016.
Centre d'Aix-en-Provence, premier concerné
Ce projet s’inscrit dans le plan d’économie de 1,4 milliard de dollars annoncé en avril 2016 par le CEO Brian Krzanich et qui vise la suppression de 12 000 postes dans le monde. Le premier site concerné en France est le centre de R&D sur les dispositifs sans contact NFC à Aix-en-Provence racheté à Inside Secure il y a un an et demi. Il va être fermé cette année au terme des négociations entre la direction et les élus. A la clé, la perte de 35 postes. Suivront les deux centres à Sophia Antipolis et ceux à Montpellier, Toulouse et Rennes. La direction se donne jusqu’à fin 2017 pour tout fermer.
Mustapha Aqachmar, délégué CFE CGC, seul syndicat représentatif chez Intel France, est sous le choc. "On nous a toujours expliqué qu’avec le crédit impôt recherche on revenait moins cher que les Etats-Unis ou l'Allemagne, juste derrière la Chine et l’Inde, explique-t-il. La décision de tout fermer est incompréhensible. On aurait pu au moins garder les centres de Sophia Antipolis dont sont issus tous les modems 4G commercialisés aujourd’hui par Intel. C’est un précieux savoir-faire qui va partir ailleurs."
Consolidation de l'activité dans les mobiles sur moins de sites
Car si Intel arrête ses processeurs d’applications pour tablettes et smartphones, il se maintient dans les modems cellulaires et circuits de connectivité sans fil, une activité jugée par Brian Krzanich stratégique pour l’avenir du groupe dans les datacenters et l’Internet des objets. Intel veut la rationaliser et réduire les coûts en consolidant la quarantaine de sites dans le monde sur seulement une dizaine de hubs.
La direction assortit son plan par des possibilités de relocalisation des emplois sur ces hubs, sans préciser où et combien à ce stade. "Peut-être en Allemagne, peut-être aux Etats-Unis, peut-être en Inde, s’interroge le délégué syndical. Mais sachant que la moyenne d’âge des collaborateurs en France est de 38 à 40 ans, qui va pouvoir y aller ?"
Possibilité de relocalisation des emplois ailleurs
Depuis 5 ans, Intel fait de la France l’un de ses bases stratégiques de R&D dans les mobiles, le calcul intensif ou le big data, y créant sept centres de R&D pour la plupart par rachat d’activités à Infineon Technologies, Motorola ou Inside Secure. Sa défaite dans les mobiles l’oblige aujourd’hui à faire marche arrière. Mais il conserve deux centres de R&D dans l'Hexagone: celui à Saclay dans le calcul à haute performance en joint-venture avec le CEA, et celui à Bruyères-le-Châtel sur le big data.
Pour Sophia Antipolis, où les deux centres de R&D d’Intel font travailler près de 500 personnes, c’est la plus grande perte d’emplois dans les semiconducteurs après la fermeture de Texas Instruments (700 emplois) en 2013 et la faillite du fondeur LFoundry en 2014 (800 emplois).


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