La France ouvre une enquête contre le réseau social X pour manipulation d'algorithmes

La justice reproche au réseau social et à ses dirigeants d'avoir biaisé ses algorithmes à des fins d'ingérence étrangère. L'enquête, confiée à la gendarmerie nationale, a été ouverte pour altération du fonctionnement et extraction frauduleuse d'un système de traitement automatisé des données en bande organisée.

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X (ex-Twitter) se retrouve dans le collimateur de la justice française. Le parquet de Paris a annoncé ce 11 juillet l'ouverture d'une enquête deux jours plus tôt contre le réseau social, lui reprochant d'avoir manipulé ses algorithmes à des fins d'ingérence étrangère.

Des infractions passibles de 10 ans de prison et 300 000 euros d'amende

“Sur le fondement de vérifications, de contributions de chercheurs français et d'éléments apportés par différentes institutions publiques, le parquet de Paris a saisi la direction générale de la gendarmerie nationale d'une enquête à l'encontre de la plateforme X, personne morale et personnes physiques”, écrit dans un communiqué Laure Beccuau, procureure de la République.

L'affaire porte sur les chefs d'accusation d'“altération du fonctionnement d'un système de traitement automatisé des données en bande organisée” et “extraction frauduleuse d'un système de traitement automatisé des données en bande organisée”. Ces infractions sont passibles de dix ans de prison et 300 000 euros d'amende.

Deux signalements reçus en janvier

Le parquet de Paris précise que l'ouverture de l'enquête fait suite à la réception par la Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) de deux signalements en début d'année “d'un député et d'un haut responsable d'une institution publique française”. Le premier provient du député costarmoricain Éric Bothorel, qui pointait alors du doigt un manque de transparence sur les critères de changements d'algorithmes et de politiques de modération et dénonçait les interventions du patron du réseau social Elon Musk sur la gestion de la plateforme.

Le second signalement émane d'après Le Canard Enchaîné d'un directeur de la cybersécurité dans la fonction publique. Ce dernier a observé une modification importante dans l'algorithme amenant à davantage de “contenus politiques, haineux, racistes, anti LGBT+ et homophobes”.

En début d'année, l'eurodéputée Aurore Lalucq avait de son côté décidé de saisir l'Arcom et porter plainte contre le réseau social pour manipulation des algorithmes. Elle suspectait une altération de ces derniers au profit des idées de son propriétaire, Elon Musk.  

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