SFR restera-t-il entre les mains de son propriétaire actuel ? À date, rien n'est moins sûr. Le tribunal des activités économiques de Paris a approuvé le 4 août le plan de sauvegarde accélérée d'Altice France. L'accord trouvé en février prévoit un effacement de la dette de 8,6 milliards d'euros sur les 24 milliards, en échange d'une cession de 45% du capital et du paiement d'1,6 milliard d'euros en cash à ses créanciers.
Le parquet avait demandé à ce que SFR soit exclu du plan
Cette décision va permettre au groupe “de reprendre [son] destin en main et de [lui] donner un nouvel avenir”, se félicitait hier la direction d'Altice dans un e-mail envoyé aux salariés. Il s'agit en réalité d'une délivrance pour le clan Drahi, car rien n'était gagné d'avance. Le 22 juillet, le parquet de Paris avait demandé – à la surprise générale – à ce que trois filiales du groupe, à savoir SFR SA, SFR Fibre et l'opérateur B2B Completel, soient exclues du champ d'application du plan.
Les réquisitions avaient pris de court Patrick Drahi et ses créanciers, car si ce scénario était validé par le juge, le président d'Altice aurait été contraint de trouver un autre accord. En filigrane, le parquet avait suivi le positionnement des syndicats de SFR et en particulier de l'Unsa, majoritaire, qui craignait une casse sociale en cas de vente de l'opérateur télécoms. Le tribunal n'a pas suivi la position du ministère public.
La CFDT et l'Unsa veulent faire appel
La CFDT a affirmé que les filiales finalement incluses dans le plan de sauvegarde n'avaient jamais été endettées et qu'elles n'avaient “jamais souscrit de crédit auprès des créanciers” concernés par l'accord. Avec l'Unsa, elles ont d'ores et déjà annoncé faire appel de cette décision, Altice prévoyant de finaliser le plan de restructuration d'ici à fin septembre. À noter que l'appel ne sera suspensif que si le parquet ne décide de faire de même.
Théoriquement, plus rien n'empêche désormais Altice d'entamer la vente de SFR à ses concurrents. La direction nie cependant toute opération de ce type : dans un communiqué publié hier, elle assure qu'il “s'agit d'une restructuration purement financière”, qui “n'a aucune incidence sur les activités opérationnelles, commerciales ou sociales de l'entreprise. Les activités se poursuivent comme d'habitude, tous les emplois (…) étant pleinement préservés.”
Pas de vente annoncée, mais les acteurs du secteur se préparent
Toujours est-il que du côté d'Orange et de Bouygues Telecom, les préparatifs vont bon train. Christel Heydemann, directrice générale d'Orange, a par exemple déclaré la semaine dernière à l'occasion de la présentation des résultats trimestriels que “des discussions préliminaires [étaient] en cours entre les opérateurs”, sans préciser lesquels.
Si la vente de SFR devait se confirmer, le scénario d'une vente à la découpe (clients mobiles, abonnés entreprises, antennes, etc.) resterait le plus réaliste, afin d'éviter un blocage de l'Autorité de la concurrence. En fin d'année dernière, l'opérateur au carré rouge comptait 19,4 millions de clients mobiles et 6,1 millions sur le fixe.


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