C'est une nouvelle qui en fera sourire certains. Huawei, qui a débuté la production de sa puce IA la plus avancée, l'Ascend 910C, prévoit de commencer les livraisons en masse à ses clients chinois dès le mois prochain. Ce n'est pas tant cette annonce qui étonne, mais plutôt ce qui se dit à propos des performances de cette fameuse puce Ce GPU atteindrait ainsi des performances comparables, voire supérieures, à celles des H100 de Nvidia.
Un assemblage de deux accélérateurs pour des performances moyennes
Or, c'est loin d'être le cas. Tout d'abord, rappelons que le 910C est en fait un ensemble de deux Ascend 910B, considéré comme le meilleur accélérateur chinois actuel. Côté packaging, cela serait probablement moins sophistiqué que Nvidia pour sa série B100/200 : "Le 910C utilise probablement une approche techniquement moins sophistiquée avec deux interposeurs en silicium séparés connectés par un substrat organique",estime Lennart Heim, chercheur en gouvernance de l'IA et chercheur associé au Centre pour la gouvernance de l'IA d'Oxford, ce qui pourrait impacter la bande passante.
Et l'on arrive finalement à l'appréciation des performances : reprenons le constat de Lennart Heim et admettons que le 910C atteigne environ 800 TFLOP/s à FP16 et une bande passante mémoire d'environ 3,2 To/s. Cela le rend seulement 80% moins performant que le H100 de la génération précédente de Nvidia (à partir de 2022), tout en utilisant 60% de surface de puce logique en plus.
Une ruée vers l'or pour les entreprises chinoises
Si Huawei présente effectivement une puce taillée pour l'IA, celle-ci présenterait donc, à en croire les analystes, 80% des performances des équivalents Nvidia avec un retard de 4 ans à l'allumage. Certes, le géant américain est dans une impasse pour son exportation de puces IA en Chine - l’administration Trump ayant décidé que la vente de H20 nécessiterait désormais une licence d’exportation - mais il n'en reste pas moins que ses puces sont bien meilleures.
Les alternatives vont très probablement se multiplier en Chine, que ce soit du côté d'acteurs établis comme Huawei ou de start-up comme Moore Threads et Iluvatar CoreX. Mais il leur faudra trouver des partenaires de choix dans cette aventure, et les Etats-Unis risquent bien de leur mettre des bâtons dans les roues.
Le leader taïwanais TSMC soumis aux règles américaines
TSMC, par exemple, ne peut plus fournir de composants à Huawei à cause des sanctions commerciales imposées par les États-Unis, progressivement renforcées depuis 2019 dans le cadre d'une guerre technologique et géopolitique entre la Chine et le pays de l'oncle Sam.
Pourtant, au moins certains des GPU 910C de Huawei utilisent des semi-conducteurs fabriqués par TSMC pour le compte de la société chinoise Sophgo. "La plupart (voire la totalité) de ces puces n'ont pas été produites localement ; elles ont été achetées illégalement auprès de TSMC, malgré les contrôles à l'exportation", relève Lennart Heim. Pour mémoire, Sophgo, entreprise chinoise spécialisée dans la conception de processeurs pour l'IA, notamment des puces RISC-V et des TPU, est sur liste noire depuis janvier 2015 - soupçonnée d'avoir indirectement fourni des puces à Huawei en contournant les sanctions américaines.
Il semblerait donc que la société ait à nouveau tenté de contourner les restrictions en commandant des puces à TSMC pour son propre compte, mais qui finiraient ensuite utilisées par ou intégrées dans des produits Huawei. Le Département du Commerce enquête actuellement à ce sujet.


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