Le mystère s'épaissit encore un peu plus autour de l’Ascend 910B, la carte graphique dédiée à l’intelligence artificielle lancée l’an passé, en toute discrétion, par Huawei. D'après les analyses du cabinet TechInsights, citées par plusieurs médias américains, la puce ou une partie aurait en effet été produite par TSMC, ce qui constituerait une violation des sanctions américaines.
Depuis 2020, Huawei a été placé sur une liste noire par Washington, en raison de soupçons d’espionnage au profit de Pékin. Depuis, le géant de Shenzhen ne peut plus se fournir auprès de toutes les sociétés qui utilisent des technologies américaines. Cela comprend le taïwanais TSMC, le premier fondeur mondial qui produit quasiment l'intégralité des puces les plus avancées.
Puces en 7 nm
Malgré ces sévères restrictions, Huawei a réalisé deux progrès majeurs ces derniers mois. Le groupe a d’abord lancé son premier smartphone 5G en quatre ans. Puis, une mise à jour de sa carte graphique destinée à l’IA. À chaque fois, il a choisi de faire profil bas. Huawei n’a ainsi pas publié les caractéristiques techniques de son smartphone. Et il n’a jamais officiellement lancé sa puce d’IA.
Depuis, tous les regards étaient tournés vers SMIC, le premier fondeur chinois, lui aussi placé sur la liste noire de Washington. Celui-ci serait parvenu à graver, à grande échelle, des CPU et des GPU en 7 nm en tirant le maximum des machines de lithographie dont il dispose. Une avancée majeure que les Etats-Unis n’ont cessé de remettre en cause, doutant des capacités techniques de SMIC.
Sociétés écrans
C’est dans ce contexte qu'intervient l’analyse de TechInsights, référence dans le secteur. Selon les agences Bloomberg et Reuters, le cabinet canadien a mis la main sur un GPU Ascend 910B, qu’il a pu démonter. À l'intérieur, il aurait trouvé une puce fabriquée par TSMC. TechInsights n’a pas encore publié le résultat de ses recherches. Il a informé le groupe taïwanais, qui a lui-même prévenu le département américain du commerce. Selon The Information, une enquête a été lancée par les autorités.
TSMC assure ne plus vendre des composants à Huawei depuis l'entrée en vigueur des restrictions. Le groupe chinois indique, lui, qu’il se fournit plus auprès du fondeur taïwanais. Il est possible d'ailleurs que la puce en question ait été achetée avant 2020, quand Huawei avait multiplié les achats pour se constituer des stocks importants.
Autre hypothèse: Huawei a mis la main sur le composant par l'intermédiaire d’autres sociétés chinoises ou de sociétés écrans, visant à masquer son identité. Ce qui lui a permis de passer sous les radars de TSMC, qui pourrait être sanctionné par Washington pour son manque de vigilance.


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