La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a infligé une amende de 100 000 euros la société Samaritaine pour plusieurs manquements au Règlement général sur la protection des données (RGPD). L'affaire remonte à l'été 2023, lorsqu'une enquête de Mediapart puis une plainte d'un salarié avaient révélé la présence de caméras cachées dans des détecteurs de fumée, installées dans les réserves du grand magasin parisien.
Des caméras cachées dans des détecteurs de fumée
L'autorité de protection des données a constaté que cinq caméras avaient été discrètement déployées afin de lutter contre la recrudescence de vols. Dotées de micros, elles enregistraient non seulement des images mais aussi des conversations de salariés, sans que ceux-ci n'en soient préalablement informés.
De son côté, la filiale de LVMH invoquait un dispositif "test" temporaire destiné à identifier les angles de vue pour de futures caméras classiques. La Commission a estimé, au contraire, que ces installations constituaient un traitement déloyal, disproportionné et non documenté, d'autant qu'elles n'avaient pas été intégrées au registre des traitements validés par la déléguée à la protection des données (DPO).
Une collecte excessive de données
Dans le détail, la formation restreinte de la Cnil a retenu plusieurs violations, dont l'absence de loyauté et de transparence dans le traitement ; la collecte excessive de données, du fait de la captation sonore jugée inutile ; l'absence de notification dans les délais d'une violation de données, après la subtilisation par les salariés de cartes SD contenant des enregistrements.
En revanche, la Cnil n'a pas retenu de manquement concernant la durée de conservation des images, estimant que les éléments du dossier ne permettaient pas de prouver une violation.
Deux mois pour faire appel
L'amende de 100 000 euros a été jugée proportionnée au regard des capacités financières de l'entreprise (le chiffre d'affaires de la Samaritaine n'est pas communiqué publiquement) et des atteintes aux droits fondamentaux des salariés. La Samaritaine dispose d'un délai de deux mois pour former un recours devant le Conseil d'Etat.


![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
